Le sens d'un mot, c'est son usage
Pour une large classe de cas, la signification d'un mot est son usage dans la langue.
Beaucoup de mots ont un sens sans nommer d'objet, ni partager d'essence commune : leur sens est la façon dont on les emploie.
« Le sens d'un mot, c'est son usage » est un argument de Ludwig Wittgenstein (Recherches philosophiques, §1, §23, §43, §66-67) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : ce qui échappe aux mots). Sa thèse : Pour une large classe de cas, la signification d'un mot est son usage dans la langue. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Le second Wittgenstein ouvre ses Recherches en citant Augustin, qui raconte comment il a appris à parler : les adultes montraient les choses et disaient leur nom. Wittgenstein y voit une image du langage très naturelle, qu'il avait lui-même défendue dans le Tractatus (« le nom signifie l'objet »). Il la démonte ici, et cite « l'auteur du Tractatus » parmi ceux qui se sont trompés.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où le sens d'un mot n'est ni un objet nommé ni une essence commune, mais pas non plus son usage : par exemple une image dans la tête, ou les conditions dans lesquelles la phrase est vraie.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Le premier Wittgenstein (Tractatus) et Russell 1921 · attaque la prémisse 2Ces mots ne nomment rien en apparence, mais la forme apparente d'une phrase n'est pas sa forme réelle. Une analyse logique complète ramènerait chaque phrase à des propositions élémentaires, faites de noms d'objets simples : « le nom signifie l'objet ; l'objet est sa signification ». Les autres mots (« et », « non », les nombres) ne nomment rien, mais ils ne font qu'organiser ces noms.
Wittgenstein répond
Ces mots ne nomment rien en apparence, mais la forme apparente d'une phrase n'est pas sa forme réelle. Une analyse logique complète ramènerait chaque phrase à des propositions élémentaires, faites de noms d'objets simples : « le nom signifie l'objet ; l'objet est sa signification ». Les autres mots (« et », « non », les nombres) ne nomment rien, mais ils ne font qu'organiser ces noms.
DDonald Davidson (sémantique des conditions de vérité) 1967 · attaque la prémisse 4Dire que le sens est l'usage n'explique pas comment nous comprenons des phrases jamais entendues. Il faut une théorie : le sens d'une phrase, ce sont les conditions qui la rendent vraie, calculées à partir du sens de ses mots. L'usage est un indice du sens, pas le sens lui-même.
sans réponse
Dire que le sens est l'usage n'explique pas comment nous comprenons des phrases jamais entendues. Il faut une théorie : le sens d'une phrase, ce sont les conditions qui la rendent vraie, calculées à partir du sens de ses mots. L'usage est un indice du sens, pas le sens lui-même.
Objection anticipée par Wittgenstein (le paradoxe de la règle) attaque la conclusionSi le sens est l'usage, quel usage ? Tout ce que j'ai fait jusqu'ici avec un mot peut s'accorder avec une infinité de règles différentes. Une règle ne pourrait donc fixer aucune manière d'agir, puisque toute manière d'agir peut être mise en accord avec elle.
Wittgenstein répond
Si le sens est l'usage, quel usage ? Tout ce que j'ai fait jusqu'ici avec un mot peut s'accorder avec une infinité de règles différentes. Une règle ne pourrait donc fixer aucune manière d'agir, puisque toute manière d'agir peut être mise en accord avec elle.