Étendre le savoir en examinant les choses
Celui qui poursuit patiemment l'étude des choses peut arriver à un savoir réel et d'ensemble, sans avoir tout su.
Toute chose a son principe et l'esprit est fait pour le connaître : à force d'étude, la compréhension s'ouvre d'un coup.
« Étendre le savoir en examinant les choses » est un argument de Zhu Xi (Grande Étude, chapitre ajouté ; Propos classés 18) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : oui, par la raison). Sa thèse : Celui qui poursuit patiemment l'étude des choses peut arriver à un savoir réel et d'ensemble, sans avoir tout su. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Comment arriver à un savoir sûr, surtout sur la manière de bien vivre ? La Grande Étude dit : « étendre le savoir consiste à examiner les choses ». Le commentaire de ce passage était perdu : Zhu Xi l'a écrit lui-même, en disant reprendre l'idée de Cheng Yi. Sa réponse : toute chose a son principe et l'esprit est fait pour connaître ; il faut donc étudier les choses une à une, à partir de ce qu'on sait déjà, sans prétendre toutes les épuiser, jusqu'au jour où la compréhension s'ouvre d'un coup. La forme P1..P3 → C est notre reconstruction et elle simplifie : pour lui ce savoir sert à bien agir, et il va avec l'attention de l'esprit. Le camp « Oui, par la raison » est le plus proche, sans être exact : ce savoir passe par l'examen des choses (l'expérience), et Zhu Xi ne dit pas que la certitude est immédiate. Le camp « par l'expérience, avec prudence » convient moins, car il juge qu'un savoir d'ensemble est atteignable.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où quelqu'un étudie longtemps, a le sentiment que tout se relie, et pourtant n'a pas un vrai savoir : une illusion d'ensemble, comme on croit comprendre une langue qu'on ne fait que reconnaître.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
UUn élève (Propos classés) attaque la prémisse 2Examiner les choses est la plus difficile des tâches. Comment peut-on tout examiner ?
Zhu Xi répond
Examiner les choses est la plus difficile des tâches. Comment peut-on tout examiner ?
LLu Jiuyuan (tel que résumé par un élève de Zhu Xi) 1175 · attaque la prémisse 2Lu n'accepte pas la thèse de Cheng Yi sur l'examen des choses. Si l'on discute les affaires une par une, l'esprit s'épuise. Mieux vaut chercher en son esprit : quand il est clair, il éclaire tout, et c'est moins pénible.
Zhu Xi répond
Lu n'accepte pas la thèse de Cheng Yi sur l'examen des choses. Si l'on discute les affaires une par une, l'esprit s'épuise. Mieux vaut chercher en son esprit : quand il est clair, il éclaire tout, et c'est moins pénible.
WWang Yangming 1492 · attaque la prémisse 2Dans sa jeunesse (vers 1492), Wang Yangming a essayé, avec un ami, d'examiner les bambous du jardin pour en saisir le principe, jour et nuit. L'ami est tombé malade au troisième jour, lui au septième, sans rien comprendre. Il en conclut que cette méthode ne mène pas à la sagesse, et que le principe est dans l'esprit, pas dans les choses du dehors. (Récit noté par ses élèves dans les Instructions pour la pratique, publiées en entier en 1556, après sa mort.)
sans réponse
Dans sa jeunesse (vers 1492), Wang Yangming a essayé, avec un ami, d'examiner les bambous du jardin pour en saisir le principe, jour et nuit. L'ami est tombé malade au troisième jour, lui au septième, sans rien comprendre. Il en conclut que cette méthode ne mène pas à la sagesse, et que le principe est dans l'esprit, pas dans les choses du dehors. (Récit noté par ses élèves dans les Instructions pour la pratique, publiées en entier en 1556, après sa mort.)