PhilosophesAl-Ghazali

Al-Ghazali

La raison a ses limites : la certitude vient de l'expérience de Dieu.

Théologie rationnelle islamique (kalam)1058 – 1111 IranThéologien (kalam ash'arite)Critique des philosophesSoufiJuriste
والمشاهدة تدل على الحصول عنده ولا تدل على الحصول به
L'observation montre que la combustion arrive avec le contact du feu, non qu'elle arrive par lui. L'Incohérence des philosophes, 17.
Vérifiée mot pour mot
ولم يكن ذلك بنظم دليل وترتيب كلام ، بل بنور قذفه الله تعالى في الصدر
Cela ne vint pas d'une preuve construite ni d'un raisonnement ordonné, mais d'une lumière que Dieu jeta dans la poitrine. Erreur et délivrance.
Vérifiée mot pour mot
العاقل يعرف الحق ، ثم ينظر في نفس القول: فإن كان حقاً ، قبله سواء كان قائله مبطلاً أو محقاً
L'homme sensé connaît la vérité, puis examine la thèse elle-même : si elle est vraie, il l'accepte, que celui qui la dit soit dans l'erreur ou dans le vrai. Erreur et délivrance.
Vérifiée mot pour mot
شرط المقلد أن لا يعلم أنه مقلد ، فإذا علم ذلك انكسرت زجاجة تقليده
Croire par imitation suppose qu'on ne sache pas qu'on imite ; dès qu'on le sait, le verre de cette croyance est brisé. Erreur et délivrance.
Vérifiée mot pour mot
وكم من الفرق بين أن تعلم حد الصحة وحد الشبع وأسبابـهما وشروطهما ، وبين أن تكون صحيحاً وشبعان؟
Quelle différence entre connaître la définition de la santé et de la satiété, leurs causes et leurs conditions, et être en bonne santé et rassasié ! Erreur et délivrance, sur le soufisme.
Vérifiée mot pour mot

Idées reçues

À nuancer
Al-Ghazali a tué la science et la philosophie dans le monde musulman.

Il attaque la métaphysique des philosophes, pas les sciences. Il juge même que c'est un crime contre la religion de rejeter les mathématiques et l'astronomie (par exemple l'explication des éclipses) au nom de l'islam. Il garde la logique et l'utilise partout. Les historiens des sciences rappellent d'ailleurs que l'astronomie et la médecine arabes ont continué de progresser après lui ; et Averroès lui répond dès le XIIe siècle.

À nuancer
Al-Ghazali a déclaré les philosophes mécréants.

Sur trois points seulement : l'éternité du monde, l'idée que Dieu ne connaît pas les choses particulières, et le refus de la résurrection des corps. Sur les dix-sept autres, il les juge dans l'erreur, mais pas hors de l'islam. Le verdict reste lourd : la question posée à la fin du livre est de savoir s'il faut déclarer mécréants, et punir de mort, ceux qui partagent ces thèses ; il répond que la mécréance est certaine sur ces trois points.

À nuancer
Pour al-Ghazali, le feu ne brûle pas.

Il dit que le lien entre le feu et la combustion n'est pas nécessaire : c'est une habitude que Dieu fait durer, et qu'il pourrait interrompre (miracle). Il propose même une seconde réponse, où le feu a bien la nature de brûler, mais où Dieu peut changer cette nature. Et il précise que croire à des causes naturelles nécessaires n'est pas, à ses yeux, de l'incroyance.

Faux
Al-Ghazali rejetait la raison au profit de la foi aveugle.

Il rejette au contraire la croyance par simple imitation des parents et des maîtres, et part en quête d'une certitude sans faille. Sa crise se termine quand il retrouve confiance dans les vérités de la raison. Ce qu'il refuse, c'est que la raison seule puisse tout atteindre.