Avicenne (Ibn Sina)
L'âme se sait exister avant tout corps : l'homme volant.
Idées reçues
Descartes a copié l'homme volant d'Avicenne pour inventer le cogito.
La ressemblance est réelle : dans les deux cas, je suis certain d'exister alors que je fais abstraction de mon corps. Le De l'âme d'Avicenne circulait en latin en Europe depuis le XIIe siècle. Mais rien ne prouve que Descartes l'ait lu, et les buts diffèrent : Descartes cherche une certitude qui résiste au doute ; Avicenne veut « éveiller » le lecteur au fait que l'âme est autre chose que le corps. L'influence reste débattue.
Pour Avicenne, le monde est éternel, donc il n'a pas été créé.
Il pense bien que le monde n'a pas commencé dans le temps. Mais il le dit créé : être créé, c'est recevoir son existence d'un autre, et tout ce qui n'est pas Dieu la reçoit de lui à chaque instant. Al-Ghazali jugera qu'un monde éternel ne peut pas être vraiment créé.
Pour Avicenne, Dieu ne connaît pas les choses particulières.
C'est l'accusation d'al-Ghazali, qui la juge contraire à l'islam. Avicenne écrit en fait que Dieu connaît tout « de façon universelle », par les causes, et que rien de singulier ne lui échappe, « pas même le poids d'un atome ». Le débat porte sur la manière : un Dieu qui ne change jamais peut-il savoir ce qui se passe maintenant ?