Francis Bacon
Savoir, c'est pouvoir : observer et expérimenter.
Un peu de philosophie éloigne de Dieu, beaucoup y ramène
L'univers n'est pas sans esprit : il est gouverné par une Providence divine. C'est pourquoi la philosophie, quand elle va au fond des choses, ramène à Dieu.
Un regard superficiel voit des causes éparses ; un regard approfondi y voit une chaîne ordonnée, qui ne peut venir du hasard.
C'est l'une des phrases les plus citées de Bacon : « un peu de philosophie incline l'esprit de l'homme à l'athéisme, mais la profondeur en philosophie ramène les esprits à la religion ». Prise seule, c'est une observation sur les gens, pas une preuve : elle dit ce qui arrive aux esprits, pas ce qui est vrai. D'ailleurs Bacon range lui-même les « temps savants », en paix et prospères, parmi les causes de l'athéisme. Mais il donne aussitôt une raison, et cette raison est un argument : en étudiant la nature, on ne voit d'abord que des causes éparses ; en allant plus loin, on découvre qu'elles forment une seule chaîne ordonnée, et un tel ordre ne peut pas venir du hasard. C'est cet argument, de la famille du dessein, que nous reconstruisons ici. Classement : il défend une Providence qui gouverne le monde, donc le théisme.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où les causes forment une chaîne ordonnée et où cet ordre ne vient pas du hasard, mais d'autre chose qu'un esprit (des lois de la matière, une sélection naturelle) : il n'y a alors pas de Providence.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Diderot (un athée imaginaire, dans les Pensées philosophiques) 1746 · attaque la prémisse 2Si la matière bouge depuis toujours, elle a essayé un nombre infini de combinaisons. Même si un monde ordonné est très improbable à chaque coup, sur une infinité de coups il finit par sortir, comme cent mille six avec cent mille dés si l'on joue assez longtemps. Ce qui devrait étonner, c'est plutôt qu'il ne soit jamais sorti.
sans réponse
Si la matière bouge depuis toujours, elle a essayé un nombre infini de combinaisons. Même si un monde ordonné est très improbable à chaque coup, sur une infinité de coups il finit par sortir, comme cent mille six avec cent mille dés si l'on joue assez longtemps. Ce qui devrait étonner, c'est plutôt qu'il ne soit jamais sorti.
Hume (Philon, dans les Dialogues) 1779 · attaque la prémisse 3Il n'y a pas que le hasard et la raison. Nous connaissons d'autres principes d'ordre dans la nature : la génération et la végétation. Une plante ou un animal produit un ordre admirable sans aucun dessein. Et le monde ressemble plus à un animal ou à une plante qu'à une machine : son origine pourrait donc être une sorte de génération plutôt qu'un esprit.
sans réponse
Il n'y a pas que le hasard et la raison. Nous connaissons d'autres principes d'ordre dans la nature : la génération et la végétation. Une plante ou un animal produit un ordre admirable sans aucun dessein. Et le monde ressemble plus à un animal ou à une plante qu'à une machine : son origine pourrait donc être une sorte de génération plutôt qu'un esprit.
Bertrand Russell 1927 · attaque la prémisse 3Depuis Darwin, nous comprenons pourquoi les êtres vivants sont adaptés à leur milieu : ce n'est pas le milieu qui a été fait pour eux, ce sont eux qui sont devenus adaptés à lui. La sélection naturelle n'est ni un pur hasard ni un plan : elle produit l'apparence du dessein sans dessein.
sans réponse
Depuis Darwin, nous comprenons pourquoi les êtres vivants sont adaptés à leur milieu : ce n'est pas le milieu qui a été fait pour eux, ce sont eux qui sont devenus adaptés à lui. La sélection naturelle n'est ni un pur hasard ni un plan : elle produit l'apparence du dessein sans dessein.