Georg Wilhelm Friedrich Hegel
Le réel est rationnel : l'Esprit se réalise dans l'histoire.
Dieu n'est pas cent thalers : Hegel défend la preuve ontologique contre Kant
La critique de Kant ne réfute pas la preuve ontologique : le passage de la pensée de Dieu à la certitude qu'il existe reste légitime.
Penser cent thalers ne les fait pas exister, mais Dieu n'est pas une chose finie : son concept unit la pensée et l'être.
Kant avait réfuté la preuve ontologique (Anselme, Descartes) avec un exemple devenu célèbre : cent thalers réels ne contiennent rien de plus que cent thalers pensés. Hegel, l'un des rares grands philosophes à défendre encore la preuve après Kant, répond : l'exemple vaut pour les choses finies, pas pour Dieu. Classement honnête : le Dieu de Hegel n'est pas exactement le créateur personnel du théisme classique (beaucoup y voient un panthéisme), mais l'argument défendu ici est la preuve classique de l'existence de Dieu, et Hegel se disait chrétien.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où Dieu n'est pas fini, où son concept inclut l'être, et où la critique de Kant réfute quand même la preuve : par exemple parce qu'aucun concept, même celui-là, ne peut garantir qu'une chose existe hors de la pensée.
Objections
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Kant, Critique de la raison pure (texte antérieur) 1781 · attaque la prémisse 4L'existence n'est le prédicat réel d'aucun concept : cent thalers réels ne contiennent rien de plus que cent thalers possibles. Cela vaut pour tout concept, y compris celui de Dieu. Si je nie que Dieu existe, je supprime le sujet avec tous ses prédicats, sans aucune contradiction.
Hegel répond
L'existence n'est le prédicat réel d'aucun concept : cent thalers réels ne contiennent rien de plus que cent thalers possibles. Cela vaut pour tout concept, y compris celui de Dieu. Si je nie que Dieu existe, je supprime le sujet avec tous ses prédicats, sans aucune contradiction.
Une difficulté que Hegel reconnaît lui-même (Encyclopédie, § 193) attaque la prémisse 3Dans la preuve d'Anselme (et chez Descartes et Spinoza), l'unité de la pensée et de l'être n'est pas démontrée : elle est seulement supposée. On peut toujours lui opposer leur différence, comme on l'a fait dès l'époque d'Anselme.
Hegel répond
Dans la preuve d'Anselme (et chez Descartes et Spinoza), l'unité de la pensée et de l'être n'est pas démontrée : elle est seulement supposée. On peut toujours lui opposer leur différence, comme on l'a fait dès l'époque d'Anselme.
Frege et Russell : l'existence n'est pas une propriété des choses 1884 · attaque la prémisse 3La logique moderne précise l'idée de Kant : dire « Dieu existe », c'est dire qu'un concept s'applique à au moins une chose. L'existence ne peut donc faire partie d'aucun concept, et aucune définition, même celle de Dieu, ne peut garantir qu'elle s'applique à quelque chose.
Hegel répond
La logique moderne précise l'idée de Kant : dire « Dieu existe », c'est dire qu'un concept s'applique à au moins une chose. L'existence ne peut donc faire partie d'aucun concept, et aucune définition, même celle de Dieu, ne peut garantir qu'elle s'applique à quelque chose.