Hypatie d'Alexandrie
Mathématicienne et philosophe, maîtresse de l'école d'Alexandrie.
Hypatie d'Alexandrie (IVe-Ve s. apr. J.-C., Alexandrie, en Égypte romaine) : néoplatonisme. Hypatie enseignait la philosophie à Alexandrie, dans la tradition de Platon et de Plotin, et des élèves venaient de loin l'écouter. Elle a été assassinée en 415 par un groupe de chrétiens exaltés, menés par un lecteur de l'Église nommé Pierre, en pleine lutte politique entre le préfet Oreste et l'évêque Cyrille. Sur AskPhilosophy : 0 argument reconstruit, 3 citations vérifiées mot pour mot dans ses textes originaux et 4 idées reçues examinées ; chaque texte porte un badge d'authenticité (écrit par l'auteur, posthume, notes d'élèves, transmis, apocryphe).
Pourquoi cette fiche n'a pas d'argument
Sur ce site, un argument est une démonstration que le philosophe a défendue, avec des prémisses reliées à ses textes. Pour Hypatie, il n'y a aucun texte. Socrate le Scolastique dit qu'elle expliquait « tous les enseignements philosophiques » et qu'elle appartenait à la lignée de Platon et de Plotin : cela ne donne aucune thèse. Synésios, son élève, lui écrit des lettres (affaires, santé, deuil, demande d'un instrument, avis sur ses propres livres), mais ne résume jamais ce qu'elle pense. Inventer une doctrine à partir de ces indices serait lui faire dire ce que nous voulons. Nous avons préféré laisser vide l'onglet des arguments et le radar, et expliquer pourquoi. Les spécialistes lui attribuent des commentaires de mathématiques (sur Diophante, sur les Coniques d'Apollonios, sur un canon astronomique), d'après le dictionnaire byzantin la Souda : ces livres sont perdus et la Souda n'est pas dans notre corpus.
Trois témoins, trois regards
Synésios de Cyrène (vers 370-413) est son élève et ami : sept de ses lettres lui sont adressées, de son vivant (six sont dans notre corpus). C'est le seul témoin qui l'a connue, mais il ne parle que de lui et de leur amitié. Socrate le Scolastique, avocat chrétien de Constantinople, écrit vers 440, vingt-cinq ans après le meurtre : il la loue, juge le meurtre étranger à l'esprit du Christ et dit qu'il a fait honte à Cyrille ; il est aussi proche des novatiens, des chrétiens que Cyrille avait combattus. Jean, évêque de Nikiou, écrit vers 690, près de trois siècles plus tard, pour Cyrille et contre elle : il en fait une magicienne et approuve le meurtre, puisqu'il termine en montrant le peuple qui acclame Cyrille pour avoir détruit « les derniers restes de l'idolâtrie ». Aucun des trois n'est neutre dans le conflit religieux d'Alexandrie, et chaque extrait de la fiche dit qui parle.
Comment la lire ici
« Transmis par d'autres » signale Socrate le Scolastique et Jean de Nikiou ; « Texte d'un autre auteur » signale Synésios, qui lui écrit. Le grec de Socrate est celui de l'édition de Hussey (1853) ; les autres textes sont en traduction anglaise ancienne (Zenos 1890, Fitzgerald 1926, Charles 1916), faute de grec ou de français libre dans notre corpus. Quand nous donnons une traduction française, elle est la nôtre et nous le disons. Les lettres de Synésios sont numérotées comme sur Wikisource (Fitzgerald).
Ses positions
clique sur une ligne pour voir la preuveSynésios parle de son « esprit divin », et Jean de Nikiou, hostile, l'appelle « païenne » : ce sont des jugements de tiers sur elle, pas ses mots. Aucun texte ne dit ce qu'elle croyait de Dieu. Nous ne notons pas l'axe.
Socrate le Scolastique dit qu'elle expliquait « tous les enseignements philosophiques » dans la lignée de Platon et de Plotin. Cela place son école, pas sa thèse sur l'origine de la connaissance. Nous ne notons pas l'axe.
Synésios lui soumet un livre en disant qu'elle est capable d'en juger, et envisage que, comme Aristote, elle préfère la vérité à l'amitié. C'est une louange de son jugement, pas une position sur la certitude. Nous ne notons pas l'axe.
Aucun témoignage sur l'esprit et le corps. Nous ne notons pas l'axe.
Aucun témoignage sur le libre arbitre. Nous ne notons pas l'axe.
Aucun texte ne dit si elle voyait le bien comme objectif. Nous ne notons pas l'axe.
Elle est tuée dans un conflit entre chrétiens et païens, mais aucun témoin ne rapporte ce qu'elle disait de la foi et de la raison. Nous ne notons pas l'axe.
Synésios, en deuil, lui écrit qu'il la compte comme « le seul bien qui reste intact, avec la vertu ». C'est son sentiment à lui. Nous ne notons pas l'axe.
Aucun témoignage. Nous ne notons pas l'axe.
Socrate le Scolastique dit qu'elle paraissait en public devant les magistrats et voyait souvent le préfet Oreste, ce qui a nourri une calomnie. Synésios lui demande d'user de son influence pour des amis. Cela montre qu'elle avait du poids, pas ce qu'elle pensait de la société. Nous ne notons pas l'axe.
Socrate le Scolastique loue sa « vertu » et sa retenue, sans exposer une théorie morale. Nous ne classons pas l'axe.