Ibn Khaldoun
Les civilisations naissent et meurent selon la force de leur solidarité.
L'asabiyya : la solidarité fait le pouvoir, le luxe et la dureté le défont
Un pouvoir ne dure qu'en gardant la solidarité de ceux qui le portent, ce que la dureté détruit ; et comme la royauté glisse par nature vers le luxe et l'autorité d'un seul, toute dynastie finit par tomber : en général en trois générations, environ cent vingt ans.
Un pouvoir ne tient que par la solidarité d'un groupe soudé ; le luxe et la dureté la détruisent, et un groupe plus uni prend la place.
Pourquoi des tribus venues du désert renversent-elles des empires riches et bien armés ? Et pourquoi ces nouveaux maîtres tombent-ils à leur tour, quelques générations plus tard ? Ibn Khaldoun répond par un mot : l'asabiyya, la solidarité d'un groupe dont les membres sont prêts à se battre et à mourir les uns pour les autres. Elle donne le pouvoir ; mais le pouvoir pousse au luxe, à l'autorité d'un seul et parfois à la dureté, qui la détruisent. Ce n'est pas une théorie du contrat ou du droit : c'est une description de ce qui fait tenir un pouvoir, dont il tire une leçon pour bien gouverner, la douceur plutôt que la peur. Machiavel, plus d'un siècle plus tard et sans l'avoir lu, décrira lui aussi des héritiers qui se perdent dans le luxe.
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Sans la prémisse implicite : Sans P6, l'ordinateur trouve un cas où la dynastie a perdu sa solidarité et ne peut plus se défendre, mais où personne ne vient l'attaquer : elle ne tombe pas. C'est le cas qu'Ibn Khaldoun mentionne lui-même (« si personne ne songe à l'attaquer »).
Objections
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CContre-exemples historiques attaque la conclusionBien des dynasties ont duré bien plus de cent vingt ans : les Hafsides de Tunis, sa propre ville, de 1229 à 1574 ; les Ottomans pendant six siècles ; l'Empire byzantin pendant mille ans. La règle des trois générations ne tient pas.
Ibn Khaldoun répond
Bien des dynasties ont duré bien plus de cent vingt ans : les Hafsides de Tunis, sa propre ville, de 1229 à 1574 ; les Ottomans pendant six siècles ; l'Empire byzantin pendant mille ans. La règle des trois générations ne tient pas.
Machiavel 1531 · attaque la conclusionLes régimes simples tournent bien en cercle : la monarchie devient tyrannie, l'aristocratie oligarchie, la démocratie licence. Mais de bonnes institutions peuvent arrêter le cercle. En mêlant les pouvoirs du roi, des grands et du peuple, Lycurgue a donné à Sparte un régime qui a duré plus de huit cents ans.
sans réponse
Les régimes simples tournent bien en cercle : la monarchie devient tyrannie, l'aristocratie oligarchie, la démocratie licence. Mais de bonnes institutions peuvent arrêter le cercle. En mêlant les pouvoirs du roi, des grands et du peuple, Lycurgue a donné à Sparte un régime qui a duré plus de huit cents ans.
Hegel 1837 · attaque la conclusionVoir l'histoire comme des empires qui naissent et meurent sans fin, c'est l'image orientale du phénix qui renaît de ses cendres, toujours le même. Mais l'esprit ne renaît pas seulement rajeuni : il sort de chaque ruine plus élevé. L'histoire du monde n'est pas un cercle, c'est le progrès de la conscience de la liberté.
sans réponse
Voir l'histoire comme des empires qui naissent et meurent sans fin, c'est l'image orientale du phénix qui renaît de ses cendres, toujours le même. Mais l'esprit ne renaît pas seulement rajeuni : il sort de chaque ruine plus élevé. L'histoire du monde n'est pas un cercle, c'est le progrès de la conscience de la liberté.
LLecteurs modernes attaque la conclusionLes chiffres viennent d'ailleurs que de l'observation : une génération dure quarante ans parce que le Coran parle de la maturité à quarante ans, et la vie naturelle de l'homme dure cent vingt ans « selon les médecins et les astrologues ». Or Ibn Khaldoun réfute lui-même l'astrologie dans le même livre.
Ibn Khaldoun répond
Les chiffres viennent d'ailleurs que de l'observation : une génération dure quarante ans parce que le Coran parle de la maturité à quarante ans, et la vie naturelle de l'homme dure cent vingt ans « selon les médecins et les astrologues ». Or Ibn Khaldoun réfute lui-même l'astrologie dans le même livre.