Gottfried Wilhelm Leibniz
Nous vivons dans le meilleur des mondes possibles.
La raison suffisante : pourquoi quelque chose plutôt que rien ?
Il existe un être nécessaire, raison dernière de toutes choses : Dieu.
Tout a une raison, et la série entière des choses qui auraient pu ne pas être n'a pas sa raison en elle-même : elle est hors de la série.
Si rien n'arrive sans raison, alors le monde entier doit avoir une raison d'exister. Leibniz soutient qu'on ne la trouvera jamais dans le monde lui-même, même en remontant à l'infini. À la différence de la troisième voie de Thomas d'Aquin, qui part de choses qui naissent et meurent, il part d'un principe général, la raison suffisante, et l'applique au monde entier : même un monde éternel, dit-il, aurait besoin d'une raison. C'est l'argument « de la contingence », souvent jugé la version la plus forte de la preuve cosmologique.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un monde où le principe vaut pour chaque chose, où chaque état s'explique par le précédent, mais où la série entière n'a pas de raison : elle est simplement là. Aucun être nécessaire n'est alors requis.
Objections
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Objection anticipée par Leibniz attaque la prémisse 4Si le monde est éternel, chaque état est expliqué par l'état précédent, sans fin. Tout est donc expliqué, et l'on n'a pas besoin de sortir du monde.
Leibniz répond
Si le monde est éternel, chaque état est expliqué par l'état précédent, sans fin. Tout est donc expliqué, et l'on n'a pas besoin de sortir du monde.
Spinoza 1677 · attaque la prémisse 2Si tout a une raison suffisante, alors rien n'aurait pu être autrement : tout découle nécessairement de la nature de Dieu. Le principe de raison détruit la contingence dont l'argument a besoin. (On appelle aujourd'hui ce problème « l'effondrement modal ».)
Leibniz répond
Si tout a une raison suffisante, alors rien n'aurait pu être autrement : tout découle nécessairement de la nature de Dieu. Le principe de raison détruit la contingence dont l'argument a besoin. (On appelle aujourd'hui ce problème « l'effondrement modal ».)
Voir la suite du débat (1)
Hume (Cléanthe, dans les Dialogues) 1779 · attaque la prémisse 3Si l'on a expliqué la cause de chaque partie, on a tout expliqué. Réunir les parties en un « tout » est un acte arbitraire de l'esprit, comme on réunit des provinces en un royaume : ce tout n'a pas besoin d'une cause en plus.
Leibniz répond
Si l'on a expliqué la cause de chaque partie, on a tout expliqué. Réunir les parties en un « tout » est un acte arbitraire de l'esprit, comme on réunit des provinces en un royaume : ce tout n'a pas besoin d'une cause en plus.
Kant 1781 · attaque la prémisse 5Même en accordant qu'un être nécessaire existe, rien ne prouve par l'expérience qu'il s'agit de Dieu, l'être parfait. Pour franchir ce pas, la preuve cosmologique doit supposer que la perfection suprême implique l'existence nécessaire : c'est une preuve ontologique déguisée, et celle-ci échoue. (Leibniz, lui, acceptait la preuve ontologique, à condition de montrer d'abord que Dieu est possible : Monadologie, 45.)
sans réponse
Même en accordant qu'un être nécessaire existe, rien ne prouve par l'expérience qu'il s'agit de Dieu, l'être parfait. Pour franchir ce pas, la preuve cosmologique doit supposer que la perfection suprême implique l'existence nécessaire : c'est une preuve ontologique déguisée, et celle-ci échoue. (Leibniz, lui, acceptait la preuve ontologique, à condition de montrer d'abord que Dieu est possible : Monadologie, 45.)
Bertrand Russell 1948 · attaque la prémisse 1Rien ne garantit que tout ait une raison. L'univers peut être un fait brut : il est là, et c'est tout. Exiger une explication de l'ensemble est un postulat, pas une évidence (débat radiophonique avec le père Copleston, BBC).
un défenseur répond
Rien ne garantit que tout ait une raison. L'univers peut être un fait brut : il est là, et c'est tout. Exiger une explication de l'ensemble est un postulat, pas une évidence (débat radiophonique avec le père Copleston, BBC).