John Locke
L'esprit naît page blanche ; le pouvoir vient du consentement.
Idées reçues
Locke a écrit que l'esprit est une « tabula rasa ».
En anglais, il écrit « white paper » (une page blanche). « Table rase » est le mot de son traducteur Coste, qui ajoute « Tabula rasa » en marge. L'image elle-même est ancienne : on la trouve déjà chez Aristote (la tablette où rien n'est encore écrit).
Pour Locke, nous naissons sans aucune capacité : tout est appris.
Il nie les idées et les principes innés, pas les facultés. Il accorde lui-même que la capacité de connaître est innée ; seules les connaissances sont acquises.
Locke défendait la tolérance pour tous.
Il demande que ni païens, ni musulmans, ni juifs ne soient exclus des droits civils pour leur religion. Mais il refuse de tolérer les athées, car selon lui leurs serments ne valent rien, et les Églises dont les membres se mettent au service d'un prince étranger (on y lit d'ordinaire les catholiques, liés au pape).
Pour Locke, la propriété n'a pas de limites.
Au départ, deux limites : laisser assez et d'aussi bon pour les autres, et ne rien laisser se gâter. Mais il admet que la monnaie, qui ne pourrit pas, permet ensuite par consentement tacite des possessions inégales. C'est ce point que Rousseau et Marx attaqueront.
Locke a condamné l'esclavage.
Il affirme que personne ne peut se vendre comme esclave, car on n'a pas de pouvoir sur sa propre vie. Mais il justifie l'esclavage du prisonnier pris dans une guerre juste. Et il a lui-même investi dans la Royal African Company, qui pratiquait la traite.