Montesquieu
Pour éviter l'abus, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir.
Le pouvoir arrête le pouvoir
Pour que les citoyens soient libres, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir : faire les lois, les exécuter et juger ne doivent pas être réunis dans les mêmes mains.
Quiconque a du pouvoir est porté à en abuser jusqu'à trouver des limites, et seul un pouvoir en pose.
Un bon roi, une assemblée vertueuse, un peuple qui vote : cela suffit-il pour être libre ? Non, répond Montesquieu. Même le meilleur des hommes, s'il a tout le pouvoir, finira par en abuser. La liberté ne dépend pas des bonnes intentions de ceux qui gouvernent, mais de la façon dont le pouvoir est réparti : faire les lois, les exécuter, juger. Il ne parle jamais de « séparation des pouvoirs » : sa formule est « le pouvoir arrête le pouvoir ».
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où le pouvoir est limité, et les citoyens libres, sans qu'aucun autre pouvoir ne l'arrête : par exemple un roi si vertueux qu'il se limite lui-même. C'est exactement ce que P3 refuse de croire possible durablement.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Hobbes 1651 · attaque la conclusionDiviser le pouvoir, c'est le dissoudre : des pouvoirs divisés se détruisent l'un l'autre. L'Angleterre l'a appris à ses dépens : c'est parce qu'on croyait le pouvoir partagé entre le roi, les Lords et les Communes que le peuple s'est divisé et qu'est venue la guerre civile.
Montesquieu répond
Diviser le pouvoir, c'est le dissoudre : des pouvoirs divisés se détruisent l'un l'autre. L'Angleterre l'a appris à ses dépens : c'est parce qu'on croyait le pouvoir partagé entre le roi, les Lords et les Communes que le peuple s'est divisé et qu'est venue la guerre civile.
Rousseau 1762 · attaque la conclusionLa souveraineté est indivisible : la volonté est générale ou elle ne l'est pas. Nos politiques font du souverain « un être fantastique et formé de pièces rapportées », comme des charlatans qui découpent un enfant et le font retomber vivant. Faire la loi revient au peuple seul ; le reste n'est que l'exécution de cette loi.
sans réponse
La souveraineté est indivisible : la volonté est générale ou elle ne l'est pas. Nos politiques font du souverain « un être fantastique et formé de pièces rapportées », comme des charlatans qui découpent un enfant et le font retomber vivant. Faire la loi revient au peuple seul ; le reste n'est que l'exécution de cette loi.
LLouis Althusser 1959 · attaque la conclusionDerrière l'équilibre des pouvoirs, il y a un équilibre entre classes sociales. Dans la constitution que décrit Montesquieu, une chambre de nobles héréditaires sert de « puissance réglante » : sa liberté protège d'abord les privilèges de ceux qui en ont déjà (Montesquieu, la politique et l'histoire).
Montesquieu répond
Derrière l'équilibre des pouvoirs, il y a un équilibre entre classes sociales. Dans la constitution que décrit Montesquieu, une chambre de nobles héréditaires sert de « puissance réglante » : sa liberté protège d'abord les privilèges de ceux qui en ont déjà (Montesquieu, la politique et l'histoire).