Jean-Jacques Rousseau
L'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt.
La Providence après Lisbonne
Le tout est bien, et les malheurs d'une vie humaine ne sont pas le dernier mot.
Un Dieu parfait, sage, puissant et juste fait que le tout est bien, et rend l'âme immortelle pour compenser les souffrances.
Le 1er novembre 1755, un tremblement de terre détruit Lisbonne et fait des dizaines de milliers de morts. Voltaire écrit un poème contre l'idée que « tout est bien ». Rousseau lui répond. Il ne prétend pas démontrer que Dieu existe : il avoue que la raison ne tranche pas. Il montre que si l'on croit en Dieu, il faut aussi croire que le tout est bien et que nos malheurs ne sont pas le dernier mot.
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Objections
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Voltaire 1756 · attaque la prémisse 3S'il existe un Dieu tout-puissant, il pouvait empêcher tous nos maux. Dire « tout est bien » devant les morts de Lisbonne, c'est insulter à leur souffrance.
Rousseau répond
S'il existe un Dieu tout-puissant, il pouvait empêcher tous nos maux. Dire « tout est bien » devant les morts de Lisbonne, c'est insulter à leur souffrance.
Objection anticipée par Rousseau attaque la prémisse 1Tout repose sur l'existence de Dieu, et la raison ne la démontre pas. L'argument ne convaincra que ceux qui croient déjà.
Rousseau répond
Tout repose sur l'existence de Dieu, et la raison ne la démontre pas. L'argument ne convaincra que ceux qui croient déjà.
Voltaire, Candide 1759 · attaque la conclusionSur le moment, Voltaire répond en quelques lignes qu'il laisse là ces discussions. Rousseau dira plus tard, dans les Confessions, que la vraie réponse est un roman : dans Candide, le philosophe Pangloss répète que « tout est au mieux » pendant que les catastrophes s'enchaînent, dont le tremblement de terre de Lisbonne. L'optimisme devient ridicule face au malheur réel. Rousseau dit ne pas avoir lu Candide.
sans réponse
Sur le moment, Voltaire répond en quelques lignes qu'il laisse là ces discussions. Rousseau dira plus tard, dans les Confessions, que la vraie réponse est un roman : dans Candide, le philosophe Pangloss répète que « tout est au mieux » pendant que les catastrophes s'enchaînent, dont le tremblement de terre de Lisbonne. L'optimisme devient ridicule face au malheur réel. Rousseau dit ne pas avoir lu Candide.
Hume 1779 · attaque la prémisse 3Le vieux dilemme d'Épicure : si Dieu veut empêcher le mal sans le pouvoir, il n'est pas tout-puissant ; s'il le peut sans le vouloir, il n'est pas bon ; s'il le veut et le peut, d'où vient le mal ?
Rousseau répond
Le vieux dilemme d'Épicure : si Dieu veut empêcher le mal sans le pouvoir, il n'est pas tout-puissant ; s'il le peut sans le vouloir, il n'est pas bon ; s'il le veut et le peut, d'où vient le mal ?
Dostoïevski (Ivan Karamazov) 1880 · attaque la prémisse 3Même si le tout est bien, même si tout s'arrange à la fin, cette harmonie ne vaut pas les larmes d'un seul enfant torturé. Un bien de l'ensemble payé par la souffrance d'innocents, Ivan refuse d'y entrer : il « rend son billet ». Le personnage de Dostoïevski vise exactement l'idée que « tout est bien pour le tout ».
Rousseau répond
Même si le tout est bien, même si tout s'arrange à la fin, cette harmonie ne vaut pas les larmes d'un seul enfant torturé. Un bien de l'ensemble payé par la souffrance d'innocents, Ivan refuse d'y entrer : il « rend son billet ». Le personnage de Dostoïevski vise exactement l'idée que « tout est bien pour le tout ».