Le temps est le nombre du mouvement selon l'avant et l'après
Le temps selon Aristote
Le temps est quelque chose de réel dans le monde : l'avant et l'après d'un changement réel, que l'âme peut compter.
Sans changement, nous ne sentons pas le temps ; le temps est ce qu'on compte dans le mouvement en distinguant un avant et un après.
« Le temps est le nombre du mouvement selon l'avant et l'après » est un argument d'Aristote (Physique, IV, 10-14 (vers -350), 350 av. J.-C.) sur la question « Le temps existe-t-il vraiment ? » (réponse : le temps passe vraiment). Sa thèse : Le temps est quelque chose de réel dans le monde : l'avant et l'après d'un changement réel, que l'âme peut compter. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Qu'est-ce que le temps ? Un matin, vous vous réveillez sans avoir rien remarqué : ni rêve, ni pensée, ni bruit. Vous ne savez pas si une heure ou une nuit entière a passé. Aristote part de cette expérience. Pour lui, le temps n'est pas une chose à part qui coulerait toute seule, mais il n'est pas une simple illusion non plus : c'est quelque chose que nous comptons dans le changement, quand nous disons qu'il y a eu un avant et un après. Les horloges ne font que rendre ce comptage précis.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P5, on pourrait tout accepter et dire pourtant : il n'y a pas de vrai changement, seulement des apparences (c'était la thèse de Parménide), donc pas de temps réel. Aristote écarte cette idée ailleurs dans la Physique. Il reconnaît aussi une limite : s'il n'y avait aucune âme pour compter, il n'y aurait pas de nombre, donc, au sens strict, pas de temps compté, mais seulement ce dont le temps est une propriété, le mouvement avec son avant et son après.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Aristote (les difficultés du début) 350 av. J.-C. · attaque la conclusionAristote ouvre lui-même son étude en expliquant pourquoi on pourrait croire que le temps n'existe pas, ou à peine : une partie du temps a été et n'est plus, l'autre va être et n'est pas encore. Or le temps, infini ou si court qu'on veuille, est fait de ces parties. Ce qui est fait de choses qui n'existent pas ne semble pas pouvoir exister.
Aristote répond
Aristote ouvre lui-même son étude en expliquant pourquoi on pourrait croire que le temps n'existe pas, ou à peine : une partie du temps a été et n'est plus, l'autre va être et n'est pas encore. Or le temps, infini ou si court qu'on veuille, est fait de ces parties. Ce qui est fait de choses qui n'existent pas ne semble pas pouvoir exister.
Augustin 400 · attaque la prémisse 4Augustin déplace la question vers l'esprit : c'est dans mon esprit que je mesure le temps, par l'impression que les choses qui passent y laissent et qui demeure après leur passage. Le passé et le futur ne sont donc pas dans les choses, mais dans l'âme, comme mémoire et attente.
Aristote répond
Augustin déplace la question vers l'esprit : c'est dans mon esprit que je mesure le temps, par l'impression que les choses qui passent y laissent et qui demeure après leur passage. Le passé et le futur ne sont donc pas dans les choses, mais dans l'âme, comme mémoire et attente.
Isaac Newton 1687 · attaque la prémisse 2Newton soutient le contraire de P2 : il existe un temps absolu, vrai et mathématique, qui coule uniformément sans relation à rien d'extérieur. Les mouvements ne servent qu'à le mesurer de façon approchée, et la durée des choses reste la même, que les mouvements soient rapides, lents ou nuls.
un défenseur répond
Newton soutient le contraire de P2 : il existe un temps absolu, vrai et mathématique, qui coule uniformément sans relation à rien d'extérieur. Les mouvements ne servent qu'à le mesurer de façon approchée, et la durée des choses reste la même, que les mouvements soient rapides, lents ou nuls.