Être, c'est être perçu : il n'y a pas de matière
L'immatérialisme de Berkeley ; esse est percipi ; l'idéalisme subjectif ; la matière n'existe pas
Il n'y a pas de matière : les choses sensibles n'existent que dans des esprits, et celles que personne ne perçoit subsistent dans l'esprit éternel de Dieu.
Nous ne percevons que nos idées, et une idée n'existe que dans un esprit ; rien ne peut leur ressembler hors d'un esprit.
« Être, c'est être perçu : il n'y a pas de matière » est un argument de George Berkeley (Berkeley, Principes de la connaissance humaine, 1710, § 1-9 ; Trois dialogues, 1713, 1710) sur la question « Le monde existe-t-il vraiment ? » (réponse : tout est dans l'esprit). Sa thèse : Il n'y a pas de matière : les choses sensibles n'existent que dans des esprits, et celles que personne ne perçoit subsistent dans l'esprit éternel de Dieu. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4, P5, P6). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Tu poses ta tasse sur la table et tu quittes la pièce. Existe-t-elle encore ? Presque tout le monde répond oui. Berkeley, un jeune philosophe irlandais de 25 ans en 1710 (il deviendra évêque plus tard), répond d'une façon surprenante : une chose sensible n'est rien d'autre que ce qu'on en perçoit (sa couleur, sa dureté, son poids). Or percevoir, c'est avoir des idées, et les idées n'existent que dans un esprit. Il n'y a donc pas, derrière nos perceptions, une « matière » qui existerait toute seule. Attention : Berkeley ne dit pas que le monde est une illusion. Il dit que la tasse est bien réelle, mais qu'elle est faite d'idées, et que ces idées ne cessent pas d'exister quand tu fermes les yeux, parce que Dieu les perçoit toujours. Il pensait ainsi défendre le bon sens et la religion contre le scepticisme et l'athéisme.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, on pourrait admettre que nos idées ne ressemblent à rien d'extérieur, et pourtant croire qu'il existe des choses hors de nous qui les causent, sans leur ressembler. L'argument ne l'exclut pas sans P4, ni sans une réponse de Berkeley (§ 18-20) qui dit qu'on n'a aucune raison de le croire.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Samuel Johnson 1763 · attaque la conclusionUn jour de 1763, James Boswell dit à Samuel Johnson que la doctrine de Berkeley ne peut pas être réfutée, bien qu'on soit sûr qu'elle est fausse. Johnson frappe alors du pied de toutes ses forces une grosse pierre, rebondit dessus, et répond : « Je la réfute ainsi. » Pour lui, la dureté de la pierre prouve qu'elle existe hors de nous.
Berkeley répond
Un jour de 1763, James Boswell dit à Samuel Johnson que la doctrine de Berkeley ne peut pas être réfutée, bien qu'on soit sûr qu'elle est fausse. Johnson frappe alors du pied de toutes ses forces une grosse pierre, rebondit dessus, et répond : « Je la réfute ainsi. » Pour lui, la dureté de la pierre prouve qu'elle existe hors de nous.
George Edward Moore 1903 · attaque la prémisse 2Dans « La réfutation de l'idéalisme », Moore s'attaque à la formule esse est percipi et veut montrer qu'elle est fausse dans tous les sens qu'on lui a donnés. Il distingue dans toute sensation l'acte de conscience et ce dont on est conscient. Quand je vois du bleu, le bleu est l'objet de mon expérience, pas un simple contenu de mon esprit : il est aussi indépendant que n'importe quelle chose réelle. Avoir une sensation, c'est déjà être sorti du « cercle de nos idées ».
sans réponse
Dans « La réfutation de l'idéalisme », Moore s'attaque à la formule esse est percipi et veut montrer qu'elle est fausse dans tous les sens qu'on lui a donnés. Il distingue dans toute sensation l'acte de conscience et ce dont on est conscient. Quand je vois du bleu, le bleu est l'objet de mon expérience, pas un simple contenu de mon esprit : il est aussi indépendant que n'importe quelle chose réelle. Avoir une sensation, c'est déjà être sorti du « cercle de nos idées ».
David Hume 1748 · attaque la conclusionHume, dans une note de l'Enquête sur l'entendement humain, juge que presque tous les écrits de Berkeley forment les meilleures leçons de scepticisme. Berkeley dit avoir écrit contre les sceptiques, mais ses arguments, selon Hume, sont en réalité sceptiques : ils n'admettent pas de réponse et ne produisent aucune conviction. Leur seul effet est de causer un étonnement et une confusion passagers.
sans réponse
Hume, dans une note de l'Enquête sur l'entendement humain, juge que presque tous les écrits de Berkeley forment les meilleures leçons de scepticisme. Berkeley dit avoir écrit contre les sceptiques, mais ses arguments, selon Hume, sont en réalité sceptiques : ils n'admettent pas de réponse et ne produisent aucune conviction. Leur seul effet est de causer un étonnement et une confusion passagers.