Aucun des cinq éléments n'est un « moi »
Le sermon du non-soi (anattā)
Aucun des cinq éléments n'est un soi : « ceci n'est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon soi ».
Ce qui change sans cesse et ne nous obéit pas ne peut pas être notre « moi » : or le corps, les sensations et la conscience sont ainsi.
« Aucun des cinq éléments n'est un « moi » » est un argument de Siddhārtha Gautama (le Bouddha) (Anattalakkhaṇa Sutta, Saṃyutta Nikāya 22.59, 450 av. J.-C.) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : pas de moi fixe). Sa thèse : Aucun des cinq éléments n'est un soi : « ceci n'est pas à moi, je ne suis pas ceci, ceci n'est pas mon soi ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P1, P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Le Bouddha parle à ses cinq premiers compagnons. Il énumère ce qui compose une personne : le corps, les sensations, les perceptions, les dispositions (« formations ») et la conscience. Pour chacun, il pose deux questions : est-ce permanent ? Est-ce que cela nous obéit ? Si ce qui était notre « moi » était un de ces éléments, nous pourrions lui commander : « que mon corps soit ainsi, pas autrement ». Or nous ne le pouvons pas : ces éléments vieillissent, tombent malades, changent malgré nous. Et ce qui est impermanent et source de souffrance ne mérite pas d'être appelé « ceci est moi ». Le texte ne dit pas que la personne n'existe pas ; il dit qu'aucun de ces éléments n'est un soi. C'est un texte du canon pāli, fixé par écrit des siècles après le Bouddha à qui la tradition l'attribue.
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Objections
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LLes Pudgalavādins (école Vātsīputrīya) 250 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Cette école bouddhiste ancienne pense que le texte ne dit pas tout : il faut admettre une « personne » (pudgala), qui n'est ni identique aux cinq éléments ni totalement autre. Sans elle, disent-ils, qui porte le fruit de ses actes et qui renaît ? Pour eux, les cinq éléments ne sont pas toute la personne.
un défenseur répond
Cette école bouddhiste ancienne pense que le texte ne dit pas tout : il faut admettre une « personne » (pudgala), qui n'est ni identique aux cinq éléments ni totalement autre. Sans elle, disent-ils, qui porte le fruit de ses actes et qui renaît ? Pour eux, les cinq éléments ne sont pas toute la personne.
NNyāya (Gautama, Nyāya-sūtra, III.1) 150 · attaque la conclusionLes logiciens de l'école Nyāya, à partir du Nyāya-sūtra, défendent qu'il y a un soi distinct du corps, des sens et de l'esprit, dont la connaissance est une qualité : on se souvient de ce qu'on a vu, on reconnaît un objet vu avant, et cela suppose un même sujet qui garde la trace. Ce qui change ne pourrait pas relier hier et aujourd'hui.
sans réponse
Les logiciens de l'école Nyāya, à partir du Nyāya-sūtra, défendent qu'il y a un soi distinct du corps, des sens et de l'esprit, dont la connaissance est une qualité : on se souvient de ce qu'on a vu, on reconnaît un objet vu avant, et cela suppose un même sujet qui garde la trace. Ce qui change ne pourrait pas relier hier et aujourd'hui.
hṬhānissaro Bhikkhu (The Not-self Strategy) 2013 · attaque la conclusionCe moine et traducteur américain lit le sermon autrement : le Bouddha a toujours refusé de dire s'il y a ou non un soi. « Non-soi » est une stratégie : ne pas s'identifier à ce qui change, pour s'en détacher. Lire le sermon comme « il n'existe aucun soi » serait aller plus loin que lui.
sans réponse
Ce moine et traducteur américain lit le sermon autrement : le Bouddha a toujours refusé de dire s'il y a ou non un soi. « Non-soi » est une stratégie : ne pas s'identifier à ce qui change, pour s'en détacher. Lire le sermon comme « il n'existe aucun soi » serait aller plus loin que lui.