La société est un contrat entre les morts, les vivants et ceux qui vont naître
Le conservatisme de Burke ; le préjugé ; le contrat éternel de la société
La justice d'une société repose sur ses institutions éprouvées par l'expérience des générations et sur des réformes prudentes, plus que sur un plan tracé d'un coup par la raison.
Les usages hérités contiennent l'expérience de générations, plus riche que la raison d'un seul : on les corrige, on ne les refait pas.
« La société est un contrat entre les morts, les vivants et ceux qui vont naître » est un argument d'Edmund Burke (Réflexions sur la Révolution de France, 1790) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : la tradition). Sa thèse : La justice d'une société repose sur ses institutions éprouvées par l'expérience des générations et sur des réformes prudentes, plus que sur un plan tracé d'un coup par la raison. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1790, Burke regarde la Révolution française avec inquiétude. Les révolutionnaires, dit-il, veulent refaire l'État à partir de principes abstraits. Lui défend une autre idée de la justice : une société juste n'est pas un plan dessiné par la raison d'une génération, c'est un héritage éprouvé, qu'on améliore pièce par pièce. Il emploie le mot « préjugé » en un sens à lui : une habitude de jugement transmise, qui contient souvent plus de raisons que nous n'en voyons.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où les institutions héritées contiennent beaucoup de sagesse, et où pourtant une société juste doit les remplacer, par exemple parce que leur sagesse sert surtout ceux qui y gagnent.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas Paine 1791 · attaque la prémisse 3Les morts n'ont aucun pouvoir sur les vivants. Chaque génération naît avec les mêmes droits que la précédente et peut choisir ses lois. Un contrat qui lierait ceux qui ne l'ont pas signé est de la tyrannie venue du passé.
un défenseur répond
Les morts n'ont aucun pouvoir sur les vivants. Chaque génération naît avec les mêmes droits que la précédente et peut choisir ses lois. Un contrat qui lierait ceux qui ne l'ont pas signé est de la tyrannie venue du passé.
Mary Wollstonecraft 1790 · attaque la prémisse 4Si l'ancienneté suffisait à rendre un usage juste, la traite des esclaves serait juste. Une tradition peut perpétuer une injustice, et la raison doit pouvoir la juger du dehors.
sans réponse
Si l'ancienneté suffisait à rendre un usage juste, la traite des esclaves serait juste. Une tradition peut perpétuer une injustice, et la raison doit pouvoir la juger du dehors.
Karl Popper 1948 · attaque la prémisse 2Popper reconnaît que les traditions rendent la vie sociale prévisible et nous donnent un cadre. Mais il refuse de les croire sages par principe : une tradition doit être examinée et critiquée, et on la garde si elle résiste. La sagesse d'un usage se teste, elle ne se présume pas.
sans réponse
Popper reconnaît que les traditions rendent la vie sociale prévisible et nous donnent un cadre. Mais il refuse de les croire sages par principe : une tradition doit être examinée et critiquée, et on la garde si elle résiste. La sagesse d'un usage se teste, elle ne se présume pas.