Les droits viennent de la naissance, pas des gouvernements
Les droits de l'homme ; le droit des vivants contre l'autorité des morts
Un gouvernement n'est légitime que s'il garantit les droits naturels de chacun, et personne, pas même une ancienne charte, ne peut les retirer aux générations suivantes. « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. »
L'histoire ne prouve rien, il y a toujours une coutume contraire ; à l'origine, tous les hommes naissent égaux en droits.
« Les droits viennent de la naissance, pas des gouvernements » est un argument de Thomas Paine (Droits de l'homme, 1791 (réponse à Burke), 1791) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : les droits naturels). Sa thèse : Un gouvernement n'est légitime que s'il garantit les droits naturels de chacun, et personne, pas même une ancienne charte, ne peut les retirer aux générations suivantes. « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. ». Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P2). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 4 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1790, Edmund Burke attaque la Révolution française : les Anglais, dit-il, tiennent leurs libertés de leurs ancêtres, comme un héritage. Thomas Paine, qui a aidé la révolution américaine, répond l'année suivante. Si l'on remonte assez loin dans l'histoire, dit-il, on arrive à l'homme tel qu'il est sorti des mains de son Créateur : tous égaux. Les droits viennent de là, pas d'un roi ni d'un parlement. Et chaque génération a les mêmes droits que la précédente, donc aucune ne peut décider pour toujours à la place des suivantes.
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Sans la prémisse implicite : Sans P2, l'ordinateur trouve un cas où les précédents ne prouvent rien et où l'origine de l'homme ne fonde pas non plus les droits : ils pourraient venir de la loi ou de l'utilité.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Edmund Burke 1790 · attaque la prémisse 1Les Anglais ne tiennent pas leurs libertés de droits abstraits : ils les réclament depuis la Grande Charte comme un héritage reçu de leurs ancêtres et à transmettre à leurs descendants, sans référence à un droit plus général. Cet héritage garde l'unité de la Constitution. Les anciennes institutions contiennent l'expérience de nombreuses générations, plus sûre que la raison d'un seul homme.
Paine répond
Les Anglais ne tiennent pas leurs libertés de droits abstraits : ils les réclament depuis la Grande Charte comme un héritage reçu de leurs ancêtres et à transmettre à leurs descendants, sans référence à un droit plus général. Cet héritage garde l'unité de la Constitution. Les anciennes institutions contiennent l'expérience de nombreuses générations, plus sûre que la raison d'un seul homme.
Edmund Burke 1790 · attaque la prémisse 5Les droits naturels peuvent exister sans gouvernement, et même plus clairs et plus parfaits en théorie. Mais leur perfection abstraite est leur défaut pratique : en ayant droit à tout, on manque de tout. Le gouvernement est un moyen de répondre aux besoins des hommes, et ce qui compte, c'est la manière d'y répondre, pas la discussion d'un droit abstrait.
Paine répond
Les droits naturels peuvent exister sans gouvernement, et même plus clairs et plus parfaits en théorie. Mais leur perfection abstraite est leur défaut pratique : en ayant droit à tout, on manque de tout. Le gouvernement est un moyen de répondre aux besoins des hommes, et ce qui compte, c'est la manière d'y répondre, pas la discussion d'un droit abstrait.
Jeremy Bentham 1795 · attaque la prémisse 2Il n'existe pas de droits naturels, c'est-à-dire de droits antérieurs à l'établissement du gouvernement : l'expression est une figure de style. Un droit est ce que la loi garantit. Souhaiter qu'un droit existe n'est pas le posséder : « la faim n'est pas du pain ». Les « droits naturels et imprescriptibles » sont une absurdité rhétorique, « une absurdité montée sur des échasses ». Bentham l'écrit vers 1795 contre la Déclaration française ; le texte ne paraît qu'en 1816 (en français) puis 1843 (en anglais).
un défenseur répond
Il n'existe pas de droits naturels, c'est-à-dire de droits antérieurs à l'établissement du gouvernement : l'expression est une figure de style. Un droit est ce que la loi garantit. Souhaiter qu'un droit existe n'est pas le posséder : « la faim n'est pas du pain ». Les « droits naturels et imprescriptibles » sont une absurdité rhétorique, « une absurdité montée sur des échasses ». Bentham l'écrit vers 1795 contre la Déclaration française ; le texte ne paraît qu'en 1816 (en français) puis 1843 (en anglais).
Karl Marx 1844 · attaque la conclusionLes prétendus droits de l'homme, distincts des droits du citoyen, ne sont rien d'autre que les droits d'un membre de la société civile, c'est-à-dire de l'homme égoïste, séparé des autres hommes et de la communauté. Marx cite l'article 2 de la Constitution de 1793 : liberté, égalité, sûreté, propriété. Pour Marx, le droit à la liberté repose sur la séparation de l'homme d'avec l'homme, et son application pratique est le droit à la propriété privée.
un défenseur répond
Les prétendus droits de l'homme, distincts des droits du citoyen, ne sont rien d'autre que les droits d'un membre de la société civile, c'est-à-dire de l'homme égoïste, séparé des autres hommes et de la communauté. Marx cite l'article 2 de la Constitution de 1793 : liberté, égalité, sûreté, propriété. Pour Marx, le droit à la liberté repose sur la séparation de l'homme d'avec l'homme, et son application pratique est le droit à la propriété privée.