Un sous-marin nage-t-il ? Une question de décision sur un mot, pas de fait
Les sous-marins nagent-ils ? (Chomsky)
La question « une machine peut-elle penser ? » est mal posée : ce n'est pas une question à laquelle une expérience, comme le test de Turing, puisse répondre.
Demander si une machine pense, c'est demander si un sous-marin nage : on choisit comment étendre un mot, il n'y a pas de fait à trouver.
« Un sous-marin nage-t-il ? Une question de décision sur un mot, pas de fait » est un argument de Noam Chomsky (Powers and Prospects, 1996, 1996) sur la question « Une machine peut-elle penser ? » (réponse : une question mal posée). Sa thèse : La question « une machine peut-elle penser ? » est mal posée : ce n'est pas une question à laquelle une expérience, comme le test de Turing, puisse répondre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans un chapitre de Powers and Prospects (1996), le linguiste Noam Chomsky critique une approche populaire de l'intelligence artificielle : celle du test de Turing, qui cherche à décider si un objet « manifeste de l'intelligence ». Selon lui, la question de savoir si un ordinateur joue aux échecs, comprend le chinois ou pense est comme celle de savoir si des robots peuvent assassiner ou si des avions volent : une affaire de décision, pas de fait. Un sous-marin pris pour une baleine ne prouve pas qu'il nage, ni le contraire. Chomsky soutient que Turing l'avait lui-même compris. Précision : on cite parfois une remarque orale de Chomsky sur le japonais (où l'on dirait qu'un sous-marin nage) ; nous ne l'avons trouvée dans aucun texte vérifiable et ne l'utilisons pas.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où le mot « penser » est affaire de décision, mais où il reste une vraie question de fait sur ce que la machine éprouve : la question n'est pas vide pour autant.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Alan Turing 1950 · attaque la conclusionTuring ne se contente pas d'écarter la question : il la remplace par une autre, « proche et exprimée en termes relativement non ambigus », le jeu de l'imitation. Cette nouvelle question est de fait : un programme peut-il tromper un interrogateur aussi souvent qu'un homme ? Le test répondrait donc à quelque chose de précis.
Chomsky répond
Turing ne se contente pas d'écarter la question : il la remplace par une autre, « proche et exprimée en termes relativement non ambigus », le jeu de l'imitation. Cette nouvelle question est de fait : un programme peut-il tromper un interrogateur aussi souvent qu'un homme ? Le test répondrait donc à quelque chose de précis.
John Searle 1980 · attaque la prémisse 4La question de la compréhension n'est pas une question de mot. Un ordinateur qui suit un programme manipule des symboles sans savoir ce qu'ils signifient : il a de la syntaxe, pas de sémantique. Savoir si un programme suffit à comprendre est, pour Searle, « la bonne question à poser ».
sans réponse
La question de la compréhension n'est pas une question de mot. Un ordinateur qui suit un programme manipule des symboles sans savoir ce qu'ils signifient : il a de la syntaxe, pas de sémantique. Savoir si un programme suffit à comprendre est, pour Searle, « la bonne question à poser ».
David Chalmers 1995 · attaque la prémisse 4Même si l'on met de côté les mots « penser » et « comprendre », il reste une question qui n'est pas verbale : y a-t-il quelque chose que cela fait d'être cette machine ? Chalmers parle du « vrai problème difficile », celui de l'expérience.
sans réponse
Même si l'on met de côté les mots « penser » et « comprendre », il reste une question qui n'est pas verbale : y a-t-il quelque chose que cela fait d'être cette machine ? Chalmers parle du « vrai problème difficile », celui de l'expérience.