Je ne crois pas au libre arbitre : ce que ça change, c'est l'indulgence et l'humour
Einstein et Schopenhauer : faire ce qu'on veut sans pouvoir vouloir ce qu'on veut
Le libre arbitre, au sens fort, n'existe pas, et la bonne attitude est pratique : de l'indulgence pour les actes des autres, de l'humilité et de l'humour envers soi-même, tout en gardant la responsabilité comme règle de la vie commune.
Si personne ne choisit ce qu'il veut, on peut comprendre les actes des autres sans s'emporter, et ne pas se prendre trop au sérieux.
« Je ne crois pas au libre arbitre : ce que ça change, c'est l'indulgence et l'humour » est un argument d'Albert Einstein (Einstein, « Mein Glaubensbekenntnis » (1932) ; entretien avec Viereck (1929), 1929) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : pas de libre arbitre). Sa thèse : Le libre arbitre, au sens fort, n'existe pas, et la bonne attitude est pratique : de l'indulgence pour les actes des autres, de l'humilité et de l'humour envers soi-même, tout en gardant la responsabilité comme règle de la vie commune. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Einstein est célèbre pour la relativité, moins pour sa position sur la liberté. Il l'a pourtant dite plusieurs fois, avec les mots de Schopenhauer : l'homme peut faire ce qu'il veut, mais il ne peut pas vouloir ce qu'il veut. Cet argument n'est pas la démonstration de Schopenhauer (voir « Faire ce qu'on veut, mais pas vouloir ce qu'on veut »). Il porte sur ce qu'Einstein en tire : une manière de vivre. Si personne n'est l'auteur ultime de sa volonté, on peut comprendre des actes même pénibles sans s'emporter, et ne plus se prendre, soi et les autres, trop au sérieux. Mais Einstein ne va pas jusqu'à abolir la responsabilité : dans la vie en société, dit-il, il faut agir comme si l'homme était responsable. Précaution : ses déclarations viennent d'un physicien, pas d'un spécialiste du libre arbitre, et la deuxième, de 1929, est un entretien rapporté par un journaliste.
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Objections
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Peter F. Strawson 1962 · attaque la prémisse 3Le ressentiment, la gratitude et le pardon font partie de notre façon d'être en relation avec les autres, et ils ne dépendent pas d'une théorie sur le déterminisme. Même si le déterminisme était vrai, nous ne pourrions pas, en pratique, cesser de réagir ainsi : l'indulgence totale, comme regard sur tous les humains, serait une vie réduite à l'« attitude objective » qu'on a envers un malade ou un enfant.
Einstein répond
Le ressentiment, la gratitude et le pardon font partie de notre façon d'être en relation avec les autres, et ils ne dépendent pas d'une théorie sur le déterminisme. Même si le déterminisme était vrai, nous ne pourrions pas, en pratique, cesser de réagir ainsi : l'indulgence totale, comme regard sur tous les humains, serait une vie réduite à l'« attitude objective » qu'on a envers un malade ou un enfant.
MMax Planck 1936 · attaque la prémisse 2Planck, ami et aîné d'Einstein, soutient que la loi de causalité vaut pour tout ce qui arrive, y compris notre volonté, quand on la regarde de l'extérieur. Mais celui qui veut ne peut jamais connaître complètement ses propres motifs à l'avance : pour lui, sa volonté est libre, et ce n'est pas une illusion sans valeur. Déterminisme et sentiment de liberté ne se contredisent donc pas.
sans réponse
Planck, ami et aîné d'Einstein, soutient que la loi de causalité vaut pour tout ce qui arrive, y compris notre volonté, quand on la regarde de l'extérieur. Mais celui qui veut ne peut jamais connaître complètement ses propres motifs à l'avance : pour lui, sa volonté est libre, et ce n'est pas une illusion sans valeur. Déterminisme et sentiment de liberté ne se contredisent donc pas.
AArthur Eddington 1928 · attaque la prémisse 2La physique du XXe siècle ne permet plus de dire que tout est déterminé : en physique quantique, les lois ne fixent que des probabilités. L'argument que la physique interdit le libre arbitre perd donc sa force.
Einstein répond
La physique du XXe siècle ne permet plus de dire que tout est déterminé : en physique quantique, les lois ne fixent que des probabilités. L'argument que la physique interdit le libre arbitre perd donc sa force.