La justice n'est qu'un pacte utile
La justice selon Épicure
La justice, c'est exactement un pacte utile : elle varie selon les lieux et les circonstances, et une loi qui cesse d'être utile cesse d'être juste.
La justice n'existe pas en soi : c'est un accord pour ne pas se nuire, et ce qui cesse d'être utile à cet accord cesse d'être juste.
« La justice n'est qu'un pacte utile » est un argument d'Épicure (Maximes capitales, 31-37) sur la question « Qu'est-ce qu'une société juste ? » (réponse : le contrat). Sa thèse : La justice, c'est exactement un pacte utile : elle varie selon les lieux et les circonstances, et une loi qui cesse d'être utile cesse d'être juste. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 3 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pour Épicure, il n'existe pas de Justice écrite dans le ciel ou dans la nature des choses. Il existe des hommes qui, pour vivre en sécurité, se promettent de ne pas se nuire les uns aux autres. Ce pacte est ce qu'on appelle la justice. Il peut changer d'un pays à l'autre, parce que ce qui est utile change. Et une loi qui ne sert plus à cette sécurité commune n'est plus juste, même si elle reste une loi. Les animaux, qui ne peuvent rien promettre, n'ont ni justice ni injustice.
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Objections
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Aristote 330 av. J.-C. · attaque la prémisse 1Il y a deux sortes de justice dans la cité : l'une naturelle, qui a partout la même force et ne dépend pas de ce que les gens en pensent, l'autre légale, qui est indifférente au départ mais compte une fois la loi posée. Certains croient que toute justice est du second genre, parce qu'elle change d'un lieu à l'autre. Cela n'est vrai qu'en partie : même ce qui est juste par nature peut changer.
Épicure répond
Il y a deux sortes de justice dans la cité : l'une naturelle, qui a partout la même force et ne dépend pas de ce que les gens en pensent, l'autre légale, qui est indifférente au départ mais compte une fois la loi posée. Certains croient que toute justice est du second genre, parce qu'elle change d'un lieu à l'autre. Cela n'est vrai qu'en partie : même ce qui est juste par nature peut changer.
Cicéron (Des lois) 52 av. J.-C. · attaque la prémisse 3Il est absurde de croire que tout ce que décident les lois d'un peuple est juste. Les lois des trente tyrans d'Athènes auraient-elles été justes parce qu'on les appelait lois ? Et si la justice se mesure à l'utilité, celui qui croit qu'une injustice lui sera profitable la commettra s'il le peut : la justice n'existerait plus, un intérêt en détruisant un autre.
Épicure répond
Il est absurde de croire que tout ce que décident les lois d'un peuple est juste. Les lois des trente tyrans d'Athènes auraient-elles été justes parce qu'on les appelait lois ? Et si la justice se mesure à l'utilité, celui qui croit qu'une injustice lui sera profitable la commettra s'il le peut : la justice n'existerait plus, un intérêt en détruisant un autre.
Glaucon, chez Platon (l'anneau de Gygès) 375 av. J.-C. · attaque la conclusionSi l'on donnait à l'homme juste et à l'homme injuste le pouvoir de ne jamais être vus, on les verrait suivre la même route, poussés par le désir d'avoir toujours plus. On ne respecte donc le pacte que par faiblesse, et le plus fort le briserait.
Épicure répond
Si l'on donnait à l'homme juste et à l'homme injuste le pouvoir de ne jamais être vus, on les verrait suivre la même route, poussés par le désir d'avoir toujours plus. On ne respecte donc le pacte que par faiblesse, et le plus fort le briserait.