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Sommes-nous libres ?Pas de libre arbitre

Nous sommes des machines biologiques : le libre arbitre est une illusion commode

Des machines biologiques (Hawking)

Stephen Hawking 1942 · 2018Physicien théoricien qui voit dans les lois de la physique, et non dans un créateur, l'origine de l'univers.
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Ce qu'il soutient

Nous ne sommes rien de plus que des machines biologiques, et le libre arbitre n'est qu'une illusion. Nous continuons pourtant à parler de libre arbitre comme d'une « théorie effective », parce que nous ne pouvons pas calculer ce que fait un cerveau.

Pourquoi

Le cerveau suit les lois de la physique comme les planètes : si nos actes en viennent, où un libre arbitre pourrait-il agir ?

La même idée à travers l'histoire
En bref

« Nous sommes des machines biologiques : le libre arbitre est une illusion commode » est un argument de Stephen Hawking (Hawking et Mlodinow, The Grand Design, 2010, chap. 2, 2010) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : pas de libre arbitre). Sa thèse : Nous ne sommes rien de plus que des machines biologiques, et le libre arbitre n'est qu'une illusion. Nous continuons pourtant à parler de libre arbitre comme d'une « théorie effective », parce que nous ne pouvons pas calculer ce que fait un cerveau. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 3 prémisses. AskPhilosophy présente 2 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Hawking et Mlodinow, The Grand Design, 2010, chap. 2
Valide

Dans The Grand Design (2010), Hawking et Mlodinow posent la question du libre arbitre à propos des lois de la science. Ils partent de la biologie : nos cellules, nos neurones, nos molécules suivent la physique et la chimie, comme les planètes suivent leurs orbites. Si notre cerveau décide de nos actes, et que le cerveau suit ces lois, où le libre arbitre pourrait-il agir ? Leur réponse : nulle part. Mais ils ajoutent que nous ne pouvons pas calculer ce que fait un cerveau, et que nous parlons donc de libre arbitre comme d'un outil pratique.

P1Les processus de la biologie suivent les lois de la physique et de la chimie : ils sont aussi déterminés que les orbites des planètes.
P2Ce sont notre cerveau physique et les lois connues de la science qui déterminent nos actions, et non une instance qui existerait en dehors de ces lois.
P3Il est difficile d'imaginer comment un libre arbitre pourrait agir si notre comportement est déterminé par la loi physique.
Donc nous ne sommes rien de plus que des machines biologiques, et le libre arbitre n'est qu'une illusion. Nous continuons pourtant à parler de libre arbitre comme d'une « théorie effective », parce que nous ne pouvons pas calculer ce que fait un cerveau.

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Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Valide. Hawking écrit « il semble que » : le texte ne prétend pas à une démonstration. La conclusion suit des trois prémisses si l'on accepte que « libre arbitre » veut dire pouvoir agir autrement que ce que la loi physique détermine. Les objections portent donc sur P2 (la neurologie montre-t-elle vraiment que le cerveau décide à notre place ?) et sur le sens de « libre arbitre » (les compatibilistes disent qu'il s'accorde avec le déterminisme).
Analogie. Une météo : on ne peut pas calculer chaque goutte, alors on dit « il va pleuvoir ». Hawking compare le libre arbitre à ce genre de raccourci : utile pour prévoir, mais qui ne décrit pas ce qui se passe vraiment. L'image est la nôtre.

Objections

2

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

David Hume (les compatibilistes) 1748 · attaque la conclusion

Hume écrit que par liberté on ne peut entendre que le pouvoir d'agir ou de ne pas agir selon les décisions de la volonté : si l'on choisit de rester en repos, on le peut ; si l'on choisit de bouger, on le peut aussi. Cette liberté s'accorde avec des causes nécessaires. Le déterminisme ne la supprime donc pas, et l'illusion que décrit Hawking n'en est pas une.

sans réponse
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Hawking dans ses textes.
Le débat continue (notre résumé) Hawking ne discute pas Hume dans le passage que nous avons lu. Il semble pourtant la connaître : il parle d'une théorie effective où l'on dit que les gens ont un libre arbitre. Un défenseur de Hawking dirait que la liberté de Hume est trop faible pour compter comme libre arbitre, puisque la volonté elle-même est déterminée. Un compatibiliste répondrait que c'est la seule liberté qui compte pour la morale et le droit (notre résumé).
Où en est le débat (notre résumé)Le désaccord de fond porte sur le mot : « libre arbitre » veut-il dire pouvoir agir selon sa volonté, ou pouvoir vouloir autrement ? Aucun accord (notre résumé).
A
Aaron Schurger, Jacobo Sitt et Stanislas Dehaene 2012 · attaque la prémisse 2

Les neuroscientifiques Schurger, Sitt et Dehaene reprennent l'activité cérébrale qui précède un geste volontaire, le « potentiel de préparation ». On y voyait la préparation de la décision. Ils proposent une autre lecture : ce serait surtout des fluctuations spontanées de l'activité des neurones, qui produisent le geste quand elles passent un seuil. L'activité qui précède le geste ne prouve donc pas que le cerveau a déjà décidé.

sans réponse
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Hawking dans ses textes.
Le débat continue (notre résumé) L'article paraît deux ans après The Grand Design. Nous n'avons pas trouvé de réponse de Hawking. Un défenseur de sa thèse dirait que ces fluctuations sont elles aussi des événements physiques du cerveau : le résultat ne rend pas la décision plus libre, il la rend plus aléatoire. Il faut ajouter que les exemples donnés par Hawking ne sont pas le potentiel de préparation mais la stimulation du cerveau de patients éveillés : l'article de Schurger n'atteint qu'une partie des preuves invoquées pour P2 (notre résumé).
Où en est le débat (notre résumé)Point ouvert : les expériences sur le cerveau ne tranchent pas la question du libre arbitre. Ils disent ce qui se passe avant un geste, pas si une décision est libre (notre résumé).