Le cerveau s'active avant que nous décidions
L'expérience de Libet
Le déclenchement d'un geste volontaire peut commencer sans conscience : le cerveau a déjà lancé l'acte avant que nous ayons conscience de décider.
L'activité du cerveau qui prépare le geste commence avant le moment où le sujet dit avoir décidé de bouger.
« Le cerveau s'active avant que nous décidions » est un argument de Benjamin Libet (Brain 106, 1983 (Libet, Gleason, Wright, Pearl)) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : pas de libre arbitre). Sa thèse : Le déclenchement d'un geste volontaire peut commencer sans conscience : le cerveau a déjà lancé l'acte avant que nous ayons conscience de décider. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3, P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1983, le neurophysiologiste Benjamin Libet demande à des volontaires de plier le poignet quand ils en ont envie. Ils regardent une tache qui tourne sur une horloge et notent où elle était quand ils ont eu conscience de vouloir bouger. Pendant ce temps, des électrodes mesurent l'activité de leur cerveau. Résultat : l'activité cérébrale qui prépare le geste commence avant la conscience de vouloir. Libet n'en conclut pas que nous n'avons aucune liberté. Il garde une porte ouverte, le « veto » : la conscience pourrait encore arrêter le geste. Cette expérience est l'une des plus discutées de la science du libre arbitre.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où l'activité cérébrale précède la conscience, mais n'est pas le début du geste : la conscience de décider pourrait alors bien déclencher le geste.
Objections
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Libet lui-même (le veto) 1999 · attaque la conclusionLe processus volontaire est lancé sans conscience. Mais la conscience peut encore contrôler l'issue : elle peut mettre son veto à l'acte. Le libre arbitre n'est donc pas exclu. Il ne lancerait pas l'acte, mais il pourrait en contrôler l'exécution. Libet avait déjà proposé cette idée dans un article de 1985.
Libet répond
Le processus volontaire est lancé sans conscience. Mais la conscience peut encore contrôler l'issue : elle peut mettre son veto à l'acte. Le libre arbitre n'est donc pas exclu. Il ne lancerait pas l'acte, mais il pourrait en contrôler l'exécution. Libet avait déjà proposé cette idée dans un article de 1985.
AAaron Schurger, Jacobo Sitt et Stanislas Dehaene 2012 · attaque la prémisse 3Le potentiel de préparation n'est peut-être pas le début d'une décision. Quand rien ne presse, le moment précis du geste est surtout fixé par des fluctuations spontanées de l'activité des neurones, une sorte de bruit qui s'accumule jusqu'à un seuil. En alignant tous les essais sur le début du geste, on voit en moyenne une montée progressive, qui ressemble à une préparation mais n'en est pas une.
sans réponse
Le potentiel de préparation n'est peut-être pas le début d'une décision. Quand rien ne presse, le moment précis du geste est surtout fixé par des fluctuations spontanées de l'activité des neurones, une sorte de bruit qui s'accumule jusqu'à un seuil. En alignant tous les essais sur le début du geste, on voit en moyenne une montée progressive, qui ressemble à une préparation mais n'en est pas une.
AAlfred Mele 2009 · attaque la prémisse 4Rien ne prouve que les sujets avaient décidé de bouger dès le début du potentiel de préparation. Ce que Libet mesure, c'est plutôt l'envie ou le désir de bouger, et il n'est pas surprenant que nos envies soient produites par des processus dont nous n'avons pas conscience. Ce qui compte pour le libre arbitre, c'est que nous décidions ensuite d'agir ou non sur cette envie.
sans réponse
Rien ne prouve que les sujets avaient décidé de bouger dès le début du potentiel de préparation. Ce que Libet mesure, c'est plutôt l'envie ou le désir de bouger, et il n'est pas surprenant que nos envies soient produites par des processus dont nous n'avons pas conscience. Ce qui compte pour le libre arbitre, c'est que nous décidions ensuite d'agir ou non sur cette envie.
Daniel Dennett 2003 · attaque la prémisse 1Le sujet doit comparer deux expériences conscientes : le moment où il décide, et la position de l'horloge. Cette comparaison prend du temps et peut fausser la date qu'il donne. Dennett juge possible que les sujets aient pris leur décision consciemment vers 550 ms avant le geste, tout en ayant l'impression de ne l'avoir prise que plus tard.
sans réponse
Le sujet doit comparer deux expériences conscientes : le moment où il décide, et la position de l'horloge. Cette comparaison prend du temps et peut fausser la date qu'il donne. Dennett juge possible que les sujets aient pris leur décision consciemment vers 550 ms avant le geste, tout en ayant l'impression de ne l'avoir prise que plus tard.