L'éducation peut tout : on ne naît ni sot ni génie, ni bon ni méchant
« L'éducation peut tout » ; « l'éducation nous fait ce que nous sommes » ; le Savoyard
L'éducation peut tout, ou presque tout : on naît ni sot ni génie, ni bon ni méchant, et ce que nous sommes est l'effet de l'éducation au sens large (instruction, besoins, position, lois, exemple).
Les mêmes hommes changent de caractère selon leur instruction, leur gouvernement et leur position : l'éducation fait l'homme.
« L'éducation peut tout : on ne naît ni sot ni génie, ni bon ni méchant » est un argument de Claude-Adrien Helvétius (De l'homme, 1773 (introduction ; sections I et X) ; De l'esprit, 1758, 1758) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : ni bon ni mauvais). Sa thèse : L'éducation peut tout, ou presque tout : on naît ni sot ni génie, ni bon ni méchant, et ce que nous sommes est l'effet de l'éducation au sens large (instruction, besoins, position, lois, exemple). Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Un enfant naît-il avec un caractère, un talent, une bonté ou une méchanceté déjà inscrits ? Helvétius dit non. Pour lui, les hommes bien constitués ont tous à peu près la même aptitude de départ. Ce qui les rend si différents, ce sont leur instruction, leurs besoins, leurs désirs, leur position, leur gouvernement et l'exemple qu'ils ont sous les yeux, ce qu'il appelle l'éducation au sens large. Le Savoyard est économe, actif et fidèle parce qu'il est pauvre et qu'il a faim ; le moine est méchant par son éducation. Helvétius y voit une bonne nouvelle : si l'homme est le produit de son éducation, les nations tiennent entre leurs mains l'instrument de leur grandeur. Il ne dit pas que tout le monde peut devenir un génie : il précise que l'éducation peut faire de tous des gens d'esprit et de sens. La forme P1 à P5 est notre reconstruction ; les traductions sont les nôtres.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où les résultats diffèrent beaucoup selon l'éducation, mais où les aptitudes de départ diffèrent aussi et pèsent autant : l'éducation ne fait plus tout, et on ne peut plus dire qu'on naît ni sot ni génie.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Denis Diderot 1774 · attaque la prémisse 5Diderot écrit, dans ses notes sur le livre, qu'il ne connaît pas de système plus consolant pour les parents et plus encourageant pour les maîtres, mais aucun de plus désolant pour les enfants que l'on croit également propres à tout. On ne donne pas le nez d'un chien d'arrêt à un lévrier, ni la vitesse du lévrier à un chien d'arrêt. Il interpelle Helvétius : qu'on lui donne cinq cents enfants qui viennent de naître, combien d'hommes de génie en rendra-t-il ? Pourquoi pas cinq cents ? Toutes les réponses se résoudront dans la différence d'organisation, source première de la paresse, de la légèreté, de l'entêtement et des autres vices ou passions.
Helvétius répond
Diderot écrit, dans ses notes sur le livre, qu'il ne connaît pas de système plus consolant pour les parents et plus encourageant pour les maîtres, mais aucun de plus désolant pour les enfants que l'on croit également propres à tout. On ne donne pas le nez d'un chien d'arrêt à un lévrier, ni la vitesse du lévrier à un chien d'arrêt. Il interpelle Helvétius : qu'on lui donne cinq cents enfants qui viennent de naître, combien d'hommes de génie en rendra-t-il ? Pourquoi pas cinq cents ? Toutes les réponses se résoudront dans la différence d'organisation, source première de la paresse, de la légèreté, de l'entêtement et des autres vices ou passions.
TThomas Bouchard et ses collègues 1990 · attaque la prémisse 5Résumé : l'étude de Minnesota sur des jumeaux élevés séparément a comparé des jumeaux identiques qui avaient grandi dans des familles différentes. Ils se ressemblent sur de nombreux traits de personnalité et d'intelligence, presque autant que des jumeaux élevés ensemble. Les auteurs en concluent qu'une part importante des différences psychologiques entre individus est liée à des différences génétiques.
un défenseur répond
Résumé : l'étude de Minnesota sur des jumeaux élevés séparément a comparé des jumeaux identiques qui avaient grandi dans des familles différentes. Ils se ressemblent sur de nombreux traits de personnalité et d'intelligence, presque autant que des jumeaux élevés ensemble. Les auteurs en concluent qu'une part importante des différences psychologiques entre individus est liée à des différences génétiques.
John Dewey 1922 · attaque la prémisse 5Résumé : Dewey écrit que des auteurs comme Helvétius ont fait de la complète malléabilité d'une nature humaine à l'origine vide et passive la base de la toute-puissance de l'éducation et de la perfectibilité infinie du genre humain. Pour lui, la nature d'origine fournit les matières premières, et la coutume la machinerie et les plans : la nature n'est pas vide.
sans réponse
Résumé : Dewey écrit que des auteurs comme Helvétius ont fait de la complète malléabilité d'une nature humaine à l'origine vide et passive la base de la toute-puissance de l'éducation et de la perfectibilité infinie du genre humain. Pour lui, la nature d'origine fournit les matières premières, et la coutume la machinerie et les plans : la nature n'est pas vide.
Kant 1793 · attaque la conclusionRésumé : Kant écrit que l'homme porte en lui, par nature, une disposition originelle au bien (la personnalité, ou respect pour la loi morale) que rien ne détruit, et aussi un penchant universel au mal qu'il s'est donné lui-même.
sans réponse
Résumé : Kant écrit que l'homme porte en lui, par nature, une disposition originelle au bien (la personnalité, ou respect pour la loi morale) que rien ne détruit, et aussi un penchant universel au mal qu'il s'est donné lui-même.