Cinq notions communes suffisent : la religion que tous les peuples reconnaissent
Les cinq articles de Herbert de Cherbury ; les « notions communes » en religion
Ces cinq articles forment la religion universelle, et une révélation particulière n'est pas nécessaire : ce qui s'y ajoute n'a pas la certitude de ces cinq vérités.
Cinq vérités sur Dieu, le culte et la vertu sont reconnues partout : ce que tous reconnaissent vient de la nature, donnée par Dieu.
« Cinq notions communes suffisent : la religion que tous les peuples reconnaissent » est un argument d'Edward Herbert de Cherbury (De Veritate, 1624 ; De religione laici, 1645 ; De religione gentilium, 1663, 1624) sur la question « Dieu existe-t-il ? » (réponse : déisme). Sa thèse : Ces cinq articles forment la religion universelle, et une révélation particulière n'est pas nécessaire : ce qui s'y ajoute n'a pas la certitude de ces cinq vérités. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3, P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Herbert de Cherbury vit à l'époque des guerres de religion. Il se demande ce que tous les peuples croient, quelle que soit leur Église. Il en trouve cinq choses : il y a un Dieu suprême ; il faut l'honorer ; le meilleur culte est la vertu unie à la piété ; il faut se repentir de ses fautes ; il y a une récompense ou une peine après cette vie. Ces cinq vérités, dit-il, ne s'apprennent pas par une tradition : elles sont écrites dans l'esprit de tous par la Providence. Elles suffisent donc, et les révélations particulières, que seuls quelques-uns ont reçues, ne peuvent pas être imposées à tous. Attention : ce déisme garde un jugement après la mort et ne nie pas qu'un Dieu s'occupe des hommes.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3 et P4, l'ordinateur trouve un cas où les cinq vérités sont universelles et viennent d'un instinct naturel, et où pourtant une révélation reste nécessaire : par exemple si cet instinct ne suffit pas à tous.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
John Locke (Essai sur l'entendement humain) 1689 · attaque la prémisse 1Locke nomme Herbert et ses cinq propositions : il les trouve vraies, mais pas innées. L'histoire nous montre des hommes, et des nations entières, qui doutent de certaines d'entre elles ou les nient. La navigation a même découvert des peuples chez qui il n'y avait aucune notion de Dieu ni aucune religion. Un accord universel qui n'existe pas ne peut donc pas prouver qu'elles sont gravées en nous.
un défenseur répond
Locke nomme Herbert et ses cinq propositions : il les trouve vraies, mais pas innées. L'histoire nous montre des hommes, et des nations entières, qui doutent de certaines d'entre elles ou les nient. La navigation a même découvert des peuples chez qui il n'y avait aucune notion de Dieu ni aucune religion. Un accord universel qui n'existe pas ne peut donc pas prouver qu'elles sont gravées en nous.
David Hume (Histoire naturelle de la religion) 1757 · attaque la prémisse 1Si l'on suit l'histoire des sociétés humaines, des débuts grossiers vers un état plus parfait, c'est le polythéisme, ou l'idolâtrie, qui a dû être la première et la plus ancienne religion de l'humanité. Il y a un peu plus de dix-sept siècles, dit-il, tous les hommes étaient idolâtres. Les cinq articles d'un Dieu suprême unique ne sont donc pas ce que les peuples ont reconnu en premier.
sans réponse
Si l'on suit l'histoire des sociétés humaines, des débuts grossiers vers un état plus parfait, c'est le polythéisme, ou l'idolâtrie, qui a dû être la première et la plus ancienne religion de l'humanité. Il y a un peu plus de dix-sept siècles, dit-il, tous les hommes étaient idolâtres. Les cinq articles d'un Dieu suprême unique ne sont donc pas ce que les peuples ont reconnu en premier.
Joseph Butler (Analogie de la religion) 1736 · attaque la conclusionAucun homme sérieux ne peut penser que la lumière naturelle suffit, s'il regarde l'état de la religion dans le monde païen avant la révélation, et le doute des plus grands esprits sur des choses de la plus haute importance. Dire que la révélation est superflue, c'est parler au hasard.
sans réponse
Aucun homme sérieux ne peut penser que la lumière naturelle suffit, s'il regarde l'état de la religion dans le monde païen avant la révélation, et le doute des plus grands esprits sur des choses de la plus haute importance. Dire que la révélation est superflue, c'est parler au hasard.