La liberté s'oppose à la contrainte, pas à la nécessité
La liberté d'indifférence contre la liberté hypothétique ; le compatibilisme de Hume
Liberté et nécessité sont compatibles : nos actions peuvent être libres et nécessaires à la fois, et la dispute entre les deux camps n'a été qu'une dispute de mots.
Chez les humains comme dans la matière, les mêmes motifs produisent les mêmes conduites : la nécessité n'est qu'une régularité observée.
« La liberté s'oppose à la contrainte, pas à la nécessité » est un argument de Hume (Enquête sur l'entendement humain, section VIII (1748), 1748) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : libres sans libre arbitre absolu). Sa thèse : Liberté et nécessité sont compatibles : nos actions peuvent être libres et nécessaires à la fois, et la dispute entre les deux camps n'a été qu'une dispute de mots. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Depuis deux mille ans, on se dispute pour savoir si l'on peut être libre alors que tout a une cause. Hume pense que cette dispute n'est que verbale : tous les hommes, savants et ignorants, ont toujours été d'accord sur la nécessité et sur la liberté, mais ils n'avaient pas défini leurs mots. Si l'on définit « nécessité » comme le fait l'expérience (des causes qui produisent régulièrement les mêmes effets, y compris dans nos actions) et « liberté » comme le pouvoir d'agir selon sa volonté, alors les deux vont ensemble. L'opposé de la liberté n'est pas la nécessité : c'est la contrainte, celle du prisonnier enchaîné.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, voici une situation qui rend les prémisses vraies et la conclusion discutable : un homme manipulé par un hypnotiseur agit comme il le veut (P3) et reste prévisible (P2), mais on hésite à dire qu'il est libre au sens où nous l'entendons d'habitude.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Kant 1788 · attaque la prémisse 5Appeler « libres » des actions parce que leurs causes sont intérieures (nos désirs, nos représentations) est un « misérable subterfuge ». Ces causes viennent elles-mêmes du passé, et quand il faut agir, ce passé n'est plus en notre pouvoir. On obtient une liberté « psychologique », mais c'est de la nécessité physique, et il n'y a plus de loi morale ni de responsabilité possibles.
sans réponse
Appeler « libres » des actions parce que leurs causes sont intérieures (nos désirs, nos représentations) est un « misérable subterfuge ». Ces causes viennent elles-mêmes du passé, et quand il faut agir, ce passé n'est plus en notre pouvoir. On obtient une liberté « psychologique », mais c'est de la nécessité physique, et il n'y a plus de loi morale ni de responsabilité possibles.
Thomas Reid 1788 · attaque la prémisse 5Être libre, c'est avoir le pouvoir de produire soi-même ses actes, de façon à pouvoir aussi ne pas les produire : une liberté « active ». Selon Reid, un motif incline l'agent mais ne le cause pas. Si nos volontés sont l'effet de causes qui remontent à avant notre naissance, nous ne sommes plus les auteurs de nos actes. C'est la thèse de la « causalité de l'agent » (voir aussi l'argument de Reid sur le site).
sans réponse
Être libre, c'est avoir le pouvoir de produire soi-même ses actes, de façon à pouvoir aussi ne pas les produire : une liberté « active ». Selon Reid, un motif incline l'agent mais ne le cause pas. Si nos volontés sont l'effet de causes qui remontent à avant notre naissance, nous ne sommes plus les auteurs de nos actes. C'est la thèse de la « causalité de l'agent » (voir aussi l'argument de Reid sur le site).
Peter van Inwagen 1983 · attaque la conclusionArgument de la conséquence. Si le déterminisme est vrai, nos actes sont les conséquences des lois de la nature et d'événements très anciens. Mais il ne dépend pas de nous ce qui s'est passé avant notre naissance, ni quelles sont les lois de la nature. Donc les conséquences de ces choses ne dépendent pas de nous non plus : si le déterminisme est vrai, nous n'avons pas de libre arbitre. Les deux ne sont pas compatibles.
sans réponse
Argument de la conséquence. Si le déterminisme est vrai, nos actes sont les conséquences des lois de la nature et d'événements très anciens. Mais il ne dépend pas de nous ce qui s'est passé avant notre naissance, ni quelles sont les lois de la nature. Donc les conséquences de ces choses ne dépendent pas de nous non plus : si le déterminisme est vrai, nous n'avons pas de libre arbitre. Les deux ne sont pas compatibles.