Il n'y a pas d'être nécessaire : le monde peut être là, c'est tout
La critique humienne de l'être nécessaire
Rien n'oblige à chercher une raison de l'existence du monde hors de lui : la suite des choses peut être simplement là, sans raison dernière.
Tout ce qu'on conçoit existant, on peut le concevoir non existant : aucune existence n'est démontrable ; le monde peut être là, c'est tout.
« Il n'y a pas d'être nécessaire : le monde peut être là, c'est tout » est un argument de Hume (Dialogues sur la religion naturelle, IX, 1779, 1779) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : un fait brut). Sa thèse : Rien n'oblige à chercher une raison de l'existence du monde hors de lui : la suite des choses peut être simplement là, sans raison dernière. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P6). AskPhilosophy présente 2 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Dans les Dialogues, Déméa défend la preuve a priori : le monde doit avoir une raison, donc un être nécessaire existe. Cléanthe lui répond en attaquant l'idée même d'un être nécessaire. Tout ce que nous concevons existant, nous pouvons le concevoir non existant : aucune existence n'est donc contradictoire à nier, ni démontrable. Et si une chose devait être nécessaire, pourquoi pas l'univers lui-même ? Hume ne dit pas que le monde a une raison cachée : il dit qu'on n'a aucun motif d'en exiger une hors de lui. (Dans les Dialogues, l'avis de Hume lui-même se lit surtout chez Philon, mais cet argument est celui de Cléanthe.)
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Sans la prémisse implicite : Sans P6, l'ordinateur trouve un monde où aucun être n'est démontrablement nécessaire, où l'univers pourrait l'être et où chaque partie est expliquée, mais où le tout reste cependant à expliquer par autre chose : la conclusion ne suit pas.
Objections
2Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
DDéméa 1779 · attaque la prémisse 5Chaque effet est expliqué par la cause qui le précède, mais toute la chaîne éternelle, prise ensemble, n'est déterminée par rien. Il reste raisonnable de demander pourquoi cette succession a existé depuis toujours, et pourquoi quelque chose plutôt que rien. (Hume renvoie en note à Clarke : c'est l'argument de la contingence de Clarke et de Leibniz.)
Hume répond
Chaque effet est expliqué par la cause qui le précède, mais toute la chaîne éternelle, prise ensemble, n'est déterminée par rien. Il reste raisonnable de demander pourquoi cette succession a existé depuis toujours, et pourquoi quelque chose plutôt que rien. (Hume renvoie en note à Clarke : c'est l'argument de la contingence de Clarke et de Leibniz.)
Leibniz 1714 · attaque la prémisse 4Le monde matériel ne peut pas être l'être nécessaire : la matière est en elle-même indifférente au mouvement et au repos, et à tel mouvement plutôt que tel autre. On n'y trouve donc pas la raison du mouvement, et encore moins d'un mouvement particulier.
sans réponse
Le monde matériel ne peut pas être l'être nécessaire : la matière est en elle-même indifférente au mouvement et au repos, et à tel mouvement plutôt que tel autre. On n'y trouve donc pas la raison du mouvement, et encore moins d'un mouvement particulier.