L'univers est simplement là, et c'est tout
« L'univers est simplement là » (Russell)
L'univers n'a pas besoin de cause : il est simplement là, et c'est tout. La question « pourquoi quelque chose plutôt que rien ? » n'a pas de réponse à chercher au-delà de lui.
Ce qui est vrai de chaque membre n'est pas vrai de l'ensemble, et rien ne prouve que l'univers entier ait une cause.
« L'univers est simplement là, et c'est tout » est un argument de Bertrand Russell (Débat Russell-Copleston, BBC, 1948, 1927) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : un fait brut). Sa thèse : L'univers n'a pas besoin de cause : il est simplement là, et c'est tout. La question « pourquoi quelque chose plutôt que rien ? » n'a pas de réponse à chercher au-delà de lui. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1948, à la radio de la BBC, le père jésuite Frederick Copleston défend l'argument de la contingence de Leibniz : pourquoi quelque chose plutôt que rien ? Le philosophe Bertrand Russell lui répond que cette question suppose ce qu'il faudrait prouver. La notion de cause vient de l'observation de choses particulières ; rien ne prouve qu'elle s'applique à l'univers entier. Chaque homme a une mère, mais l'espèce humaine n'en a pas. Pour Russell, l'univers est simplement là, et c'est tout.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où la notion de cause vient de choses particulières et où l'on n'a pas de raison actuelle de croire que le tout ait une cause, mais où l'on doit tout de même continuer à chercher : la conclusion ne suit pas.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
FFrederick Copleston 1948 · attaque la prémisse 2Copleston ne voit pas la parité avec la mère. Il ne dit pas que, chaque objet ayant une cause dans la nature, la série entière en a une aussi. Il dit que la série des causes naturelles, même infinie, n'explique pas suffisamment la série : celle-ci a donc une cause d'un autre ordre, qui la dépasse.
Russell répond
Copleston ne voit pas la parité avec la mère. Il ne dit pas que, chaque objet ayant une cause dans la nature, la série entière en a une aussi. Il dit que la série des causes naturelles, même infinie, n'explique pas suffisamment la série : celle-ci a donc une cause d'un autre ordre, qui la dépasse.
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FFrederick Copleston 1948 · attaque la prémisse 4Copleston juge dogmatique de dire qu'il ne faut pas chercher une cause : dire qu'il n'y en a pas devrait venir à la fin de l'enquête, pas au début. Et si le total n'a pas de cause, il devrait selon lui être sa propre cause, ce qui lui semble impossible.
Russell répond
Copleston juge dogmatique de dire qu'il ne faut pas chercher une cause : dire qu'il n'y en a pas devrait venir à la fin de l'enquête, pas au début. Et si le total n'a pas de cause, il devrait selon lui être sa propre cause, ce qui lui semble impossible.
Leibniz 1714 · attaque la prémisse 3Leibniz répond d'avance qu'une suite sans fin de choses contingentes ne règle rien : on n'en est pas plus avancé, aussi loin qu'on remonte, car la même question reste posée. Il y a donc bien une raison à chercher pour le tout.
sans réponse
Leibniz répond d'avance qu'une suite sans fin de choses contingentes ne règle rien : on n'en est pas plus avancé, aussi loin qu'on remonte, car la même question reste posée. Il y a donc bien une raison à chercher pour le tout.