Le rien serait plus simple : il faut une raison
La grande question de Leibniz
Il y a quelque chose plutôt que rien parce qu'il existe un être nécessaire, raison dernière des choses, que Leibniz appelle Dieu.
Le rien serait plus simple, et la suite des choses contingentes n'explique jamais sa propre existence : la raison est hors d'elle.
« Le rien serait plus simple : il faut une raison » est un argument de Gottfried Wilhelm Leibniz (Principes de la nature et de la grâce, 1714, § 7-8 ; De l'origine radicale des choses, 1697, 1697) sur la question « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » (réponse : il y a une raison). Sa thèse : Il y a quelque chose plutôt que rien parce qu'il existe un être nécessaire, raison dernière des choses, que Leibniz appelle Dieu. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pour Leibniz, c'est la première question qu'on a le droit de poser, parce que le rien serait plus simple et plus facile que quelque chose : l'existence n'a donc rien d'évident. Si rien n'arrive sans raison, la raison de l'existence du monde ne peut pas être dans le monde lui-même, même en remontant sans fin. Elle doit être dans un être nécessaire, qui porte la raison de son existence en lui-même.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où le principe de raison vaut, où la suite des choses n'a pas sa raison en elle-même, mais où l'on se contente d'une explication partielle : aucun être nécessaire n'est alors requis.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Hume (Cléanthe, dans les Dialogues) 1779 · attaque la prémisse 5L'idée d'un être dont la non-existence serait contradictoire n'a pas de sens : tout ce que nous concevons existant, nous pouvons le concevoir non existant. Et si une chose pouvait être nécessaire, pourquoi pas l'univers matériel lui-même ? Dans une suite sans fin, chaque partie est causée par la précédente : où est la difficulté ?
sans réponse
L'idée d'un être dont la non-existence serait contradictoire n'a pas de sens : tout ce que nous concevons existant, nous pouvons le concevoir non existant. Et si une chose pouvait être nécessaire, pourquoi pas l'univers matériel lui-même ? Dans une suite sans fin, chaque partie est causée par la précédente : où est la difficulté ?
Bertrand Russell 1948 · attaque la prémisse 1Russell refuse d'admettre que l'univers dans son ensemble doive avoir une cause. Pour lui, l'univers est simplement là, et c'est tout : on tire la notion de cause de l'observation de choses particulières, rien ne prouve qu'elle vaille pour le total.
sans réponse
Russell refuse d'admettre que l'univers dans son ensemble doive avoir une cause. Pour lui, l'univers est simplement là, et c'est tout : on tire la notion de cause de l'observation de choses particulières, rien ne prouve qu'elle vaille pour le total.
Peter van Inwagen 1996 · attaque la prémisse 2Résumé : van Inwagen soutient que la probabilité du rien est nulle. Il n'y aurait qu'une seule façon pour le monde d'être vide, contre une infinité de façons d'être rempli, et rien ne favorise l'une plutôt que l'autre. Si c'est vrai, le rien n'était pas « plus simple » ni plus probable, et l'existence de quelque chose n'a rien de surprenant à expliquer.
sans réponse
Résumé : van Inwagen soutient que la probabilité du rien est nulle. Il n'y aurait qu'une seule façon pour le monde d'être vide, contre une infinité de façons d'être rempli, et rien ne favorise l'une plutôt que l'autre. Si c'est vrai, le rien n'était pas « plus simple » ni plus probable, et l'existence de quelque chose n'a rien de surprenant à expliquer.