L'esprit n'a jamais que ses perceptions : le monde extérieur ne se prouve pas
Le scepticisme de Hume sur le monde extérieur ; le voile des perceptions
Aucun raisonnement ne prouve l'existence d'objets extérieurs, et notre croyance en eux vient de l'instinct, non de la raison.
On ne peut comparer une perception à un objet qu'on ne perçoit jamais : aucune expérience ne relie donc nos perceptions au monde.
« L'esprit n'a jamais que ses perceptions : le monde extérieur ne se prouve pas » est un argument de Hume (Enquête sur l'entendement humain, XII, partie 1 (1748)) sur la question « Le monde existe-t-il vraiment ? » (réponse : impossible de savoir). Sa thèse : Aucun raisonnement ne prouve l'existence d'objets extérieurs, et notre croyance en eux vient de l'instinct, non de la raison. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Tout le monde croit que la table qu'on voit existe même quand personne ne la regarde. Hume remarque que cette croyance vient d'un instinct, avant tout raisonnement. Mais la moindre réflexion la met en difficulté : la table paraît rapetisser quand on s'éloigne, alors que la vraie table ne change pas ; ce que l'esprit a devant lui n'est donc qu'une image. Or, si nous n'avons jamais devant l'esprit que des perceptions, comment savoir qu'elles viennent d'objets extérieurs qui leur ressemblent ? Hume répond qu'aucune expérience ni aucun raisonnement ne le prouve. Il ne dit pas qu'il faut cesser de croire au monde, il dit que cette croyance repose sur la nature, pas sur la raison.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où ni l'expérience ni le raisonnement a priori ne prouvent le monde extérieur, et où il est pourtant prouvé autrement, par exemple par une preuve d'une troisième sorte.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas Reid 1764 · attaque la prémisse 1Reid trouve le raisonnement de Hume juste, étant donné ses principes. Mais il refuse la conclusion : il faut donc mettre en question ces principes, hérités de Locke et de Descartes, en particulier l'idée que nous ne percevons que nos idées. Pour lui, nous percevons directement les choses.
sans réponse
Reid trouve le raisonnement de Hume juste, étant donné ses principes. Mais il refuse la conclusion : il faut donc mettre en question ces principes, hérités de Locke et de Descartes, en particulier l'idée que nous ne percevons que nos idées. Pour lui, nous percevons directement les choses.
Bertrand Russell 1912 · attaque la prémisse 3Russell accorde à Hume qu'on ne peut pas prouver le monde extérieur. Mais l'hypothèse que la vie n'est qu'un rêve, sans contradiction logique, est moins simple pour expliquer les faits que l'hypothèse du sens commun : des objets indépendants de nous dont l'action cause nos sensations.
sans réponse
Russell accorde à Hume qu'on ne peut pas prouver le monde extérieur. Mais l'hypothèse que la vie n'est qu'un rêve, sans contradiction logique, est moins simple pour expliquer les faits que l'hypothèse du sens commun : des objets indépendants de nous dont l'action cause nos sensations.
G. E. Moore 1939 · attaque la conclusionMoore soutient qu'il sait qu'ici il y a une main, et qu'il serait absurde de dire qu'il ne fait que le croire. Cette certitude est plus forte que toute prémisse sceptique : si l'argument de Hume prouvait qu'il ne sait pas, c'est l'argument qu'il faudrait rejeter.
sans réponse
Moore soutient qu'il sait qu'ici il y a une main, et qu'il serait absurde de dire qu'il ne fait que le croire. Cette certitude est plus forte que toute prémisse sceptique : si l'argument de Hume prouvait qu'il ne sait pas, c'est l'argument qu'il faudrait rejeter.