Nous sommes des automates conscients : le sifflet de la locomotive
L'épiphénoménisme, l'automate conscient
Chez nous aussi, le sentiment de vouloir n'est pas la cause d'un acte volontaire, mais le symbole de l'état du cerveau qui le cause : la conscience accompagne le cerveau comme le sifflet accompagne la locomotive, et nous sommes des automates conscients.
Le corps s'explique entièrement par le mécanisme et rien ne prouve que la conscience agisse sur lui : elle l'accompagne seulement.
« Nous sommes des automates conscients : le sifflet de la locomotive » est un argument de Thomas Henry Huxley (« On the Hypothesis that Animals are Automata », Belfast, 1874, 1874) sur la question « L'esprit est-il le cerveau ? » (réponse : l'esprit vient de la matière). Sa thèse : Chez nous aussi, le sentiment de vouloir n'est pas la cause d'un acte volontaire, mais le symbole de l'état du cerveau qui le cause : la conscience accompagne le cerveau comme le sifflet accompagne la locomotive, et nous sommes des automates conscients. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Une grenouille dont on a retiré l'avant du cerveau marche, saute et nage encore. Huxley en tire une idée vertigineuse : et si la conscience ne servait à rien ? Elle serait produite par le cerveau, comme le sifflet d'une locomotive est produit par la machine, sans jamais faire avancer le train. En 1874, à Belfast, il l'applique d'abord aux animaux, puis ose l'étendre à l'homme : nous sommes des « automates conscients ». Attention à la nuance : c'est un matérialisme particulier, l'épiphénoménisme. La conscience existe bel et bien, et elle dépend entièrement du cerveau ; mais elle n'a aucun effet sur lui. Huxley refuse d'ailleurs lui-même l'étiquette de matérialiste.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où le cerveau cause la conscience, où le mécanisme suffit à expliquer les gestes, où l'on n'a aucune preuve d'un effet de la conscience, et où pourtant la conscience agit sur le corps. Par exemple, un fil électrique peut produire de la lumière sans que la lumière change quoi que ce soit au courant ; mais rien n'interdit qu'un autre système ait une lumière qui, en retour, règle le courant (comme un thermostat). Ne pas avoir de preuve n'est pas avoir la preuve du contraire.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Objection que Huxley prévoit (« les tambours ») 1874 · attaque la conclusionSi ce qui vaut pour les animaux vaut pour l'homme, les conséquences logiques sont le fatalisme, le matérialisme et l'athéisme.
Huxley répond
Si ce qui vaut pour les animaux vaut pour l'homme, les conséquences logiques sont le fatalisme, le matérialisme et l'athéisme.
William James 1879 · attaque la prémisse 4Si la conscience est utile, elle ne peut l'être que par son efficacité. Or l'étude de la façon dont la conscience est répartie chez les êtres vivants montre qu'elle ressemble à un organe ajouté pour piloter un système nerveux devenu trop complexe pour se régler seul. La théorie de l'automate conscient doit donc céder devant celle du sens commun.
Huxley répond
Si la conscience est utile, elle ne peut l'être que par son efficacité. Or l'étude de la façon dont la conscience est répartie chez les êtres vivants montre qu'elle ressemble à un organe ajouté pour piloter un système nerveux devenu trop complexe pour se régler seul. La théorie de l'automate conscient doit donc céder devant celle du sens commun.
William James 1879 · attaque la prémisse 3On a remarqué depuis longtemps que les plaisirs sont en général liés à ce qui est bénéfique, les douleurs à ce qui est nuisible. Si le plaisir et la douleur n'ont aucune efficacité, rien n'explique, sans une harmonie préétablie que les partisans de l'automate rejetteraient, pourquoi se brûler ne donnerait pas un frisson de joie, et respirer, une agonie.
sans réponse
On a remarqué depuis longtemps que les plaisirs sont en général liés à ce qui est bénéfique, les douleurs à ce qui est nuisible. Si le plaisir et la douleur n'ont aucune efficacité, rien n'explique, sans une harmonie préétablie que les partisans de l'automate rejetteraient, pourquoi se brûler ne donnerait pas un frisson de joie, et respirer, une agonie.
L'objection de l'autre esprit (présentée par Jackson) 1982 · attaque la conclusionSi la conscience ne cause rien dans le corps, le comportement des autres ne peut pas nous donner de raison de croire qu'ils ont une conscience : l'empreinte de Vendredi prouve Vendredi parce qu'elle est l'effet de son pied.
Huxley répond
Si la conscience ne cause rien dans le corps, le comportement des autres ne peut pas nous donner de raison de croire qu'ils ont une conscience : l'empreinte de Vendredi prouve Vendredi parce qu'elle est l'effet de son pied.