L'homme est une machine qui monte elle-même ses ressorts
L'homme-machine
L'âme n'est qu'un mot pour la partie qui pense dans le corps, et l'homme tout entier est une machine, la plus parfaite de toutes.
L'état de l'âme suit toujours celui du corps (sommeil, opium, nourriture, fièvre) : l'âme n'est que le fonctionnement du corps.
« L'homme est une machine qui monte elle-même ses ressorts » est un argument de Julien Offray de La Mettrie (L'Homme-machine, 1747, 1747) sur la question « L'esprit est-il le cerveau ? » (réponse : l'esprit vient de la matière). Sa thèse : L'âme n'est qu'un mot pour la partie qui pense dans le corps, et l'homme tout entier est une machine, la plus parfaite de toutes. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3, P6). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Un verre de vin, une nuit sans sommeil, une dose d'opium : et la pensée change, parfois jusqu'à la volonté. Médecin, La Mettrie en tire une conclusion brutale. Si l'âme dépend à ce point du corps, c'est qu'elle n'est rien d'autre que son fonctionnement. Descartes avait déjà dit que les animaux sont des machines ; La Mettrie ajoute que l'homme en est une aussi, la plus parfaite. Le livre scandalise : il est brûlé à Leyde, et l'auteur doit s'exiler à la cour de Frédéric II.
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où l'état de l'âme suit toujours celui du corps, et où pourtant l'âme est autre chose que le corps. Par exemple, un pilote dont les gestes dépendent entièrement de l'état de son avion (il ne peut rien faire si le moteur tombe en panne) n'est pas pour autant une pièce de l'avion. Sans P6, l'homme peut être d'une autre nature que les animaux, même si la différence semble n'être que de degré.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Descartes 1637 · attaque la prémisse 5On peut toujours reconnaître qu'une machine n'est pas un homme à deux signes. D'abord, elle ne saurait jamais assembler des paroles pour répondre au sens de tout ce qu'on dit devant elle, comme le font même les hommes les plus lents d'esprit. Ensuite, la raison est un instrument universel, alors que chaque organe a besoin d'une disposition particulière pour chaque action : il est impossible qu'une machine ait assez d'organes pour agir comme la raison dans toutes les situations de la vie. Les perroquets prononcent des mots, mais sans montrer qu'ils pensent ce qu'ils disent.
Mettrie répond
On peut toujours reconnaître qu'une machine n'est pas un homme à deux signes. D'abord, elle ne saurait jamais assembler des paroles pour répondre au sens de tout ce qu'on dit devant elle, comme le font même les hommes les plus lents d'esprit. Ensuite, la raison est un instrument universel, alors que chaque organe a besoin d'une disposition particulière pour chaque action : il est impossible qu'une machine ait assez d'organes pour agir comme la raison dans toutes les situations de la vie. Les perroquets prononcent des mots, mais sans montrer qu'ils pensent ce qu'ils disent.
Descartes 1641 · attaque la prémisse 3Il y a une grande différence entre l'esprit et le corps : le corps est toujours divisible, l'esprit est entièrement indivisible. Ce qui pense n'est donc pas une machine de pièces.
Mettrie répond
Il y a une grande différence entre l'esprit et le corps : le corps est toujours divisible, l'esprit est entièrement indivisible. Ce qui pense n'est donc pas une machine de pièces.
Leibniz (le moulin) 1714 · attaque la prémisse 3Imaginons une machine qui pense, agrandie jusqu'à pouvoir y entrer comme dans un moulin. On n'y trouverait que des pièces qui se poussent les unes les autres, et jamais de quoi expliquer une perception. L'âme n'est donc pas le fonctionnement d'une machine.
Mettrie répond
Imaginons une machine qui pense, agrandie jusqu'à pouvoir y entrer comme dans un moulin. On n'y trouverait que des pièces qui se poussent les unes les autres, et jamais de quoi expliquer une perception. L'âme n'est donc pas le fonctionnement d'une machine.