Nous avons le droit de croire quand les preuves ne peuvent pas trancher
La volonté de croire
Devant une option authentique que les preuves ne peuvent pas trancher, notre nature passionnelle peut, et même doit, décider : nous avons le droit de croire, à nos risques et périls.
Quand le choix est inévitable et que les preuves ne peuvent pas trancher, douter est aussi un pari : on peut décider par ce qu'on ressent.
« Nous avons le droit de croire quand les preuves ne peuvent pas trancher » est un argument de William James (« The Will to Believe », 1896, 1896) sur la question « Faut-il croire sans preuve ? » (réponse : la foi va au-delà). Sa thèse : Devant une option authentique que les preuves ne peuvent pas trancher, notre nature passionnelle peut, et même doit, décider : nous avons le droit de croire, à nos risques et périls. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Un jeune homme hésite à demander une femme en mariage parce qu'il n'est pas sûr qu'elle sera un ange une fois chez lui. Il attend. Résultat : il perd cette possibilité aussi sûrement que s'il en avait épousé une autre. C'est l'image de James. Pour lui, certaines questions ne se règlent pas en attendant des preuves : la religion, la morale, la confiance entre les personnes. Sur celles-là, les preuves n'arrivent pas, et attendre est déjà un choix. James ne dit pas qu'on peut croire n'importe quoi. Il pose trois conditions : l'option doit être vivante (elle nous attire vraiment), forcée (on ne peut pas y échapper) et capitale (l'enjeu est grand et l'occasion ne reviendra pas). Alors seulement, et si l'intelligence seule ne peut pas décider, nous avons le droit de croire à nos risques et périls.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où l'option est authentique, où les preuves ne tranchent pas et où aucune voie n'est prouvée meilleure, mais où l'on n'a pas pour autant le droit de croire : par exemple si l'on pense qu'en l'absence de raison, la seule attitude juste est de suspendre son jugement.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
William Kingdon Clifford 1877 · attaque la conclusionC'est la règle opposée : il est mal, toujours, partout et pour quiconque, de croire quoi que ce soit sur des preuves insuffisantes. Pour Clifford, croire est un acte qui touche les autres, car la croyance de chacun entre dans le bien commun. Elle ne peut donc pas être un droit privé qu'on exerce à ses risques et périls.
James répond
C'est la règle opposée : il est mal, toujours, partout et pour quiconque, de croire quoi que ce soit sur des preuves insuffisantes. Pour Clifford, croire est un acte qui touche les autres, car la croyance de chacun entre dans le bien commun. Elle ne peut donc pas être un droit privé qu'on exerce à ses risques et périls.
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Bertrand Russell 1952 · attaque la conclusionRussell vise la version « utile » de l'idée, qu'il attribue à James : on devrait croire en Dieu parce que, sinon, on se comporterait mal. À ses yeux, cela prouve seulement que les politiques et les éducateurs devraient essayer de faire croire en Dieu, pas que Dieu existe. Un homme au vrai sentiment religieux veut savoir si Dieu existe, pas si y croire est utile. On trouve aussi que le Père Noël est utile pour les enfants, mais cela ne le rend pas réel.
sans réponse
Russell vise la version « utile » de l'idée, qu'il attribue à James : on devrait croire en Dieu parce que, sinon, on se comporterait mal. À ses yeux, cela prouve seulement que les politiques et les éducateurs devraient essayer de faire croire en Dieu, pas que Dieu existe. Un homme au vrai sentiment religieux veut savoir si Dieu existe, pas si y croire est utile. On trouve aussi que le Père Noël est utile pour les enfants, mais cela ne le rend pas réel.
Objection anticipée par James (le vœu pieux) attaque la conclusionSi l'on a le droit de croire « ce qu'on veut », alors la foi n'est qu'un vœu pieux. James cite la définition d'un écolier : « la foi, c'est croire quelque chose qu'on sait faux ».
James répond
Si l'on a le droit de croire « ce qu'on veut », alors la foi n'est qu'un vœu pieux. James cite la définition d'un écolier : « la foi, c'est croire quelque chose qu'on sait faux ».