Pas de droit de mentir, même à l'assassin
Le mensonge à l'assassin (Kant contre Benjamin Constant)
Il n'est pas permis de mentir à l'assassin, même pour sauver son ami. Être vrai dans toutes ses déclarations est un ordre sacré de la raison.
Dire la vérité est un devoir sans exception, et mentir, même à un assassin, fait tort à l'humanité entière.
« Pas de droit de mentir, même à l'assassin » est un argument de Kant (Sur un prétendu droit de mentir par humanité, 1797, 1797) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : le devoir). Sa thèse : Il n'est pas permis de mentir à l'assassin, même pour sauver son ami. Être vrai dans toutes ses déclarations est un ordre sacré de la raison. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 4 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Un assassin frappe à votre porte et demande si votre ami, qu'il poursuit, s'est caché chez vous. Avez-vous le droit de mentir pour le sauver ? Benjamin Constant répond oui, et accuse un « philosophe allemand » de dire non. Kant répond en 1797 : même ici, mentir n'est pas un droit. C'est un des débats les plus connus de la morale.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, on pourrait accepter P1 à P4 et dire quand même : ce mensonge fait un tort, mais un tort moindre que la mort d'un innocent, donc il est permis. C'est exactement la position de Mill.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Benjamin Constant 1797 · attaque la prémisse 2Un devoir correspond toujours au droit d'un autre : là où il n'y a pas de droit, il n'y a pas de devoir. Dire la vérité n'est donc un devoir qu'envers ceux qui ont droit à la vérité. Or l'assassin n'a pas droit à une vérité qui nuit à autrui. On ne lui doit donc pas la vérité, et le principe devient applicable sans être abandonné.
Kant répond
Un devoir correspond toujours au droit d'un autre : là où il n'y a pas de droit, il n'y a pas de devoir. Dire la vérité n'est donc un devoir qu'envers ceux qui ont droit à la vérité. Or l'assassin n'a pas droit à une vérité qui nuit à autrui. On ne lui doit donc pas la vérité, et le principe devient applicable sans être abandonné.
John Stuart Mill 1861 · attaque la prémisse 5Mill reconnaît que la règle de vérité est d'une utilité immense : chaque mensonge affaiblit la confiance dont dépend tout le bien-être social. Mais même cette règle sacrée admet des exceptions, que tous les moralistes reconnaissent : par exemple cacher une information à un malfaiteur, quand c'est le seul moyen de protéger quelqu'un d'un grand mal qu'il ne mérite pas. Refuser cette exception mène à une conséquence absurde : laisser tuer un innocent.
Kant répond
Mill reconnaît que la règle de vérité est d'une utilité immense : chaque mensonge affaiblit la confiance dont dépend tout le bien-être social. Mais même cette règle sacrée admet des exceptions, que tous les moralistes reconnaissent : par exemple cacher une information à un malfaiteur, quand c'est le seul moyen de protéger quelqu'un d'un grand mal qu'il ne mérite pas. Refuser cette exception mène à une conséquence absurde : laisser tuer un innocent.
W. D. Ross 1930 · attaque la prémisse 4Nos devoirs ne sont pas absolus, ils valent « à première vue » (prima facie) : ne pas mentir, tenir parole, mais aussi aider et ne pas nuire. Quand deux devoirs s'opposent, il faut juger lequel est le plus fort dans la situation. Face à l'assassin, le devoir de protéger une vie l'emporte sur celui de dire vrai.
Kant répond
Nos devoirs ne sont pas absolus, ils valent « à première vue » (prima facie) : ne pas mentir, tenir parole, mais aussi aider et ne pas nuire. Quand deux devoirs s'opposent, il faut juger lequel est le plus fort dans la situation. Face à l'assassin, le devoir de protéger une vie l'emporte sur celui de dire vrai.