Il existe des connaissances certaines qui ne viennent pas de l'expérience
Les jugements synthétiques a priori ; la révolution copernicienne de Kant ; 7 + 5 = 12
Il existe donc des connaissances synthétiques a priori ; elles sont possibles parce que les objets de l'expérience se règlent sur les formes de notre esprit ; et elles ne valent que pour les phénomènes.
Les mathématiques sont certaines et nous apprennent du neuf : c'est possible si les objets se règlent sur les formes de notre esprit.
« Il existe des connaissances certaines qui ne viennent pas de l'expérience » est un argument de Kant (Kant, Critique de la raison pure, 2e éd., 1787 (introduction et préface), 1787) sur la question « Peut-on être certain de quelque chose ? » (réponse : oui, par la raison). Sa thèse : Il existe donc des connaissances synthétiques a priori ; elles sont possibles parce que les objets de l'expérience se règlent sur les formes de notre esprit ; et elles ne valent que pour les phénomènes. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 5 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Tout ce que nous savons commence-t-il par l'expérience ? Kant répond : oui, mais pas tout ne vient de l'expérience. Quand tu comptes 7 + 5, tu sais avec certitude que le résultat est 12, pour toujours et partout, sans avoir besoin de tester. Pourtant 12 n'est pas caché dans l'idée de « 7 plus 5 » : tu dois ajouter quelque chose, en comptant sur tes doigts par exemple. Kant appelle ce genre de savoir « synthétique a priori » : il apprend quelque chose de nouveau (synthétique) et il est certain avant toute expérience (a priori). Il en voit dans les mathématiques, dans la physique pure et dans le principe « tout changement a une cause ». Comment est-ce possible ? Sa réponse, qu'il compare à celle de Copernic : ce n'est pas notre connaissance qui se règle sur les choses, ce sont les objets de l'expérience qui se règlent sur les formes de notre esprit (l'espace, le temps, les catégories comme la cause). Le prix à payer est lourd : cette certitude ne vaut que pour le monde tel qu'il nous apparaît, pas pour les choses telles qu'elles seraient en elles-mêmes. L'argument est présenté ici dans sa forme la plus forte ; la prémisse P6 est celle que Kant suppose sans l'écrire.
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Sans la prémisse implicite : Sans P6, l'ordinateur trouve un cas où les jugements sont a priori et synthétiques mais ne sont pas de la connaissance (par exemple une habitude de l'esprit, comme le dit Hume pour la causalité) : la conclusion tombe.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
David Hume (cité par Kant) 1748 · attaque la prémisse 1Le principe de causalité n'est pas nécessaire. Nous avons seulement vu très souvent un événement en suivre un autre, et l'habitude nous fait attendre le second quand le premier arrive. Cette nécessité est dans nos habitudes, pas dans les choses : aucun raisonnement ne la justifie (voir l'argument sur l'induction).
Kant répond
Le principe de causalité n'est pas nécessaire. Nous avons seulement vu très souvent un événement en suivre un autre, et l'habitude nous fait attendre le second quand le premier arrive. Cette nécessité est dans nos habitudes, pas dans les choses : aucun raisonnement ne la justifie (voir l'argument sur l'induction).
HHans Reichenbach 1920 · attaque la prémisse 3La géométrie qui semblait s'imposer à l'esprit, celle d'Euclide, n'est qu'une géométrie parmi d'autres (Lobatchevski, Riemann). Et la théorie de la relativité d'Einstein décrit l'espace réel avec une géométrie non euclidienne. Les principes de l'espace ne sont donc pas des vérités nécessaires et éternelles de l'esprit. Selon Reichenbach, il faut abandonner l'a priori au sens de Kant (vrai pour toujours) et ne garder qu'un a priori « constitutif » : des principes qui servent à construire notre image du monde, mais que l'expérience peut conduire à changer.
sans réponse
La géométrie qui semblait s'imposer à l'esprit, celle d'Euclide, n'est qu'une géométrie parmi d'autres (Lobatchevski, Riemann). Et la théorie de la relativité d'Einstein décrit l'espace réel avec une géométrie non euclidienne. Les principes de l'espace ne sont donc pas des vérités nécessaires et éternelles de l'esprit. Selon Reichenbach, il faut abandonner l'a priori au sens de Kant (vrai pour toujours) et ne garder qu'un a priori « constitutif » : des principes qui servent à construire notre image du monde, mais que l'expérience peut conduire à changer.
Willard Van Orman Quine 1951 · attaque la prémisse 3La frontière entre jugements analytiques et synthétiques n'a jamais été tracée de façon claire : c'est, dit Quine, un article de foi des empiristes. Sans elle, la question de Kant (des jugements qui seraient à la fois synthétiques et a priori) perd son point d'appui. Quine ajoute qu'aucun énoncé n'est à l'abri de la révision : on peut tenir n'importe lequel pour vrai à condition de modifier assez le reste de nos croyances.
Kant répond
La frontière entre jugements analytiques et synthétiques n'a jamais été tracée de façon claire : c'est, dit Quine, un article de foi des empiristes. Sans elle, la question de Kant (des jugements qui seraient à la fois synthétiques et a priori) perd son point d'appui. Quine ajoute qu'aucun énoncé n'est à l'abri de la révision : on peut tenir n'importe lequel pour vrai à condition de modifier assez le reste de nos croyances.