Le poisson, la patte d'ours et la justice : il y a plus précieux que la vie
La patte d'ours et le poisson ; « sacrifier sa vie pour la justice »
Il y a pour l'homme des choses plus précieuses que la vie : ce qui compte d'abord, c'est de rester juste, et non de survivre à tout prix.
Si l'on n'aimait rien plus que la vie, on ferait tout pour la sauver ; or beaucoup refusent de le faire, parce qu'ils tiennent à la justice.
« Le poisson, la patte d'ours et la justice : il y a plus précieux que la vie » est un argument de Mencius (Mencius 6A.10 (IVe siècle av. J.-C.), 320 av. J.-C.) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la vertu). Sa thèse : Il y a pour l'homme des choses plus précieuses que la vie : ce qui compte d'abord, c'est de rester juste, et non de survivre à tout prix. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Mencius commence par une image de repas : j'aime le poisson, j'aime aussi la patte d'ours, et si je ne peux avoir les deux, je prends la patte d'ours, que je préfère. Il applique ensuite le même raisonnement à deux choses bien plus graves : la vie et la justice (yi). Si l'on doit choisir, dit-il, il prend la justice. Son argument tient en une remarque : si l'on n'aimait rien plus que la vie, pourquoi ne ferait-on pas tout pour la garder ? Or on voit chaque jour des gens qui refusent. Le texte ne présente pas l'argument en prémisses : la forme P1 à P5 est notre reconstruction de 6A.10.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où quelqu'un refuse la nourriture jetée avec mépris et préfère mourir, sans que la justice soit ce qu'il désire le plus : il agit par orgueil ou par peur. Le refus ne prouve plus rien.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Hobbes 1642 · attaque la prémisse 4Hobbes écrit que chacun cherche ce qui est bon pour lui et fuit ce qui est mauvais, mais surtout le plus grand des maux naturels, la mort, et qu'il le fait par une poussée de la nature aussi forte que celle qui fait tomber une pierre. Pour lui, le premier fondement du droit naturel est donc de protéger sa vie. Si Hobbes a raison, celui qui se laisse mourir ne le fait pas d'abord par amour de la justice : il faut chercher un autre motif.
sans réponse
Hobbes écrit que chacun cherche ce qui est bon pour lui et fuit ce qui est mauvais, mais surtout le plus grand des maux naturels, la mort, et qu'il le fait par une poussée de la nature aussi forte que celle qui fait tomber une pierre. Pour lui, le premier fondement du droit naturel est donc de protéger sa vie. Si Hobbes a raison, celui qui se laisse mourir ne le fait pas d'abord par amour de la justice : il faut chercher un autre motif.
HHan Fei 240 av. J.-C. · attaque la prémisse 5Han Fei écrit que, dans leurs calculs, les gens vont vers la sécurité et le profit et fuient le danger et la gêne. S'il a raison, le beau sentiment dont parle Mencius n'est pas partagé par « tous les hommes » : ceux qui prétendent le suivre ne sont pas la règle, et un État qui compterait sur lui irait à sa perte.
sans réponse
Han Fei écrit que, dans leurs calculs, les gens vont vers la sécurité et le profit et fuient le danger et la gêne. S'il a raison, le beau sentiment dont parle Mencius n'est pas partagé par « tous les hommes » : ceux qui prétendent le suivre ne sont pas la règle, et un État qui compterait sur lui irait à sa perte.
Kant 1785 · attaque la prémisse 2Kant soutient qu'une action faite par sympathie, même conforme au devoir et aimable, n'a pas de véritable valeur morale : elle va de pair avec les autres inclinations, comme le goût des honneurs. Si, comme chez Mencius, la justice est ce qu'on « aime » le plus, la bonne action ne serait qu'un goût plus fort que les autres, et non l'obéissance à un devoir.
sans réponse
Kant soutient qu'une action faite par sympathie, même conforme au devoir et aimable, n'a pas de véritable valeur morale : elle va de pair avec les autres inclinations, comme le goût des honneurs. Si, comme chez Mencius, la justice est ce qu'on « aime » le plus, la bonne action ne serait qu'un goût plus fort que les autres, et non l'obéissance à un devoir.