Ni ange ni bête : grandeur et misère de l'homme
« L'homme n'est ni ange ni bête » ; grandeur et misère ; la chimère
L'homme est à la fois grand et misérable, capable du meilleur et du pire : sa nature est double, et il faut tenir les deux ensemble.
L'homme connaît sa misère, et c'est ce qui le rend grand : il porte à la fois des marques de grandeur et de misère.
« Ni ange ni bête : grandeur et misère de l'homme » est un argument de Pascal (Pensées, fragments B358, B397, B416, B418, B434, 1660) sur la question « L'être humain est-il bon par nature ? » (réponse : les deux à la fois). Sa thèse : L'homme est à la fois grand et misérable, capable du meilleur et du pire : sa nature est double, et il faut tenir les deux ensemble. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Les uns disent que l'homme est un ange en puissance, les autres qu'il est une bête qui s'ignore. Pascal refuse les deux : « L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. » Il observe en l'homme une grandeur (il pense, il sait qu'il est misérable) et une misère (il ne peut atteindre le bonheur dont il a l'idée), et il tient que les deux sont également vraies. Se contenter de montrer l'une est dangereux, dit-il, il faut les montrer toutes les deux. Pascal explique cette double nature par la chute : l'homme a été grand, il est déchu. Cette explication religieuse peut se détacher de la description. Le texte n'est pas présenté sous forme de prémisses : la forme P1 à P5 est notre reconstruction à partir de plusieurs fragments. La « grandeur » et la « misère » de Pascal ne sont pas seulement morales : elles englobent la pensée, la connaissance et le bonheur.
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Sans la prémisse implicite : Sans P5, l'ordinateur trouve un cas où l'homme n'est ni ange ni bête, porte des marques de grandeur et de misère, et où il faut les montrer toutes deux, mais où sa nature est une seule, qui varie en degré d'un homme à l'autre : la conclusion « nature double » ne suit plus.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Voltaire 1734 · attaque la prémisse 3Voltaire écrit que l'esprit dans lequel Pascal a écrit ses Pensées était de montrer l'homme dans un jour odieux. Pascal écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les jésuites : il impute à l'essence de la nature ce qui n'appartient qu'à certains hommes, et dit éloquemment des injures au genre humain.
Pascal répond
Voltaire écrit que l'esprit dans lequel Pascal a écrit ses Pensées était de montrer l'homme dans un jour odieux. Pascal écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les jésuites : il impute à l'essence de la nature ce qui n'appartient qu'à certains hommes, et dit éloquemment des injures au genre humain.
Kant 1793 · attaque la conclusionRésumé : Kant note que l'on peut soutenir que l'homme est à la fois, en certains points bon, en d'autres mauvais, et que l'expérience semble même confirmer ce milieu. Mais il juge qu'il importe à la morale de n'admettre aucun intermédiaire moral, ni dans les actions ni dans les caractères, parce que dans cette ambiguïté toutes les maximes risquent de perdre leur précision et leur fermeté. Il nomme « syncrétistes » ceux qui font du caractère moral un mélange.
sans réponse
Résumé : Kant note que l'on peut soutenir que l'homme est à la fois, en certains points bon, en d'autres mauvais, et que l'expérience semble même confirmer ce milieu. Mais il juge qu'il importe à la morale de n'admettre aucun intermédiaire moral, ni dans les actions ni dans les caractères, parce que dans cette ambiguïté toutes les maximes risquent de perdre leur précision et leur fermeté. Il nomme « syncrétistes » ceux qui font du caractère moral un mélange.
Rousseau 1755 · attaque la prémisse 2Résumé : Rousseau reconnaît que les hommes sont méchants, une triste et continuelle expérience dispensant de la preuve. Mais il soutient que l'homme est naturellement bon, et que ce qui l'a dépravé, ce sont les changements survenus dans sa constitution, les progrès qu'il a faits et les connaissances qu'il a acquises. La misère de l'homme ne vient donc pas d'une chute, mais de la vie en société.
sans réponse
Résumé : Rousseau reconnaît que les hommes sont méchants, une triste et continuelle expérience dispensant de la preuve. Mais il soutient que l'homme est naturellement bon, et que ce qui l'a dépravé, ce sont les changements survenus dans sa constitution, les progrès qu'il a faits et les connaissances qu'il a acquises. La misère de l'homme ne vient donc pas d'une chute, mais de la vie en société.