« La justice n'est rien d'autre que l'intérêt du plus fort »
La thèse de Thrasymaque
La justice est partout la même chose : l'intérêt du plus fort. Être juste, c'est servir le bien d'un autre, celui qui commande.
Chaque gouvernement fait les lois dans son intérêt et appelle « juste » ce qui le sert : le juste est donc l'intérêt du plus fort.
« « La justice n'est rien d'autre que l'intérêt du plus fort » » est un argument de Platon (République, I, 338c-344c (vers -375), 375 av. J.-C.) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la morale en question). Sa thèse : La justice est partout la même chose : l'intérêt du plus fort. Être juste, c'est servir le bien d'un autre, celui qui commande. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 1 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Socrate et ses amis discutent depuis un moment de ce qu'est la justice. Thrasymaque, un sophiste, n'en peut plus : il bondit sur eux « à la manière d’une bête fauve » (336b) et lance sa définition. La justice ? Ce n'est rien d'autre que l'intérêt du plus fort. Ce sont ceux qui ont le pouvoir qui décident de ce qui est juste, et ils le décident pour eux.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un monde où les lois servent bien les puissants, mais où il existe aussi des actions justes que la loi n'ordonne pas : aider un inconnu, refuser d'obéir à une loi cruelle. Dans ce monde, la justice n'est pas seulement l'intérêt du plus fort.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Socrate (personnage de Platon) 375 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Les gouvernants peuvent se tromper. Il leur arrive de faire des lois qui leur nuisent. Or tu dis qu'il est juste d'obéir aux lois. Alors il est parfois juste de faire ce qui nuit au plus fort, le contraire de ta définition.
Platon répond
Les gouvernants peuvent se tromper. Il leur arrive de faire des lois qui leur nuisent. Or tu dis qu'il est juste d'obéir aux lois. Alors il est parfois juste de faire ce qui nuit au plus fort, le contraire de ta définition.
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Cicéron 52 av. J.-C. · attaque la prémisse 4Le comble de l'absurdité, c'est de croire juste tout ce que règlent les lois des peuples. Même les lois des tyrans ? Si les Trente avaient imposé leurs lois à Athènes, et même si tous les Athéniens les aimaient, seraient-elles justes pour autant ? Il n'y a qu'un seul droit, la droite raison qui ordonne et qui interdit. Si la justice n'était qu'obéir aux lois et que tout se mesurait à l'intérêt, chacun briserait les lois dès qu'il y trouverait son profit.
sans réponse
Le comble de l'absurdité, c'est de croire juste tout ce que règlent les lois des peuples. Même les lois des tyrans ? Si les Trente avaient imposé leurs lois à Athènes, et même si tous les Athéniens les aimaient, seraient-elles justes pour autant ? Il n'y a qu'un seul droit, la droite raison qui ordonne et qui interdit. Si la justice n'était qu'obéir aux lois et que tout se mesurait à l'intérêt, chacun briserait les lois dès qu'il y trouverait son profit.
Calliclès (personnage de Platon, dans le Gorgias) 387 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Ce ne sont pas les forts qui font les lois, mais les faibles et le grand nombre. Ils les font dans leur intérêt, et pour faire peur aux plus forts, ils leur disent qu'il est laid et injuste de vouloir plus que les autres. Selon la nature, au contraire, il est juste que le meilleur ait plus que le moins bon.
sans réponse
Ce ne sont pas les forts qui font les lois, mais les faibles et le grand nombre. Ils les font dans leur intérêt, et pour faire peur aux plus forts, ils leur disent qu'il est laid et injuste de vouloir plus que les autres. Selon la nature, au contraire, il est juste que le meilleur ait plus que le moins bon.
Socrate (personnage de Platon) 375 av. J.-C. · attaque la conclusionUne cité, une armée, ou même une bande de brigands et de voleurs, peut-elle réussir quoi que ce soit si ses membres sont injustes les uns envers les autres ? L'injustice fait naître la haine et la discorde ; la justice, l'accord et l'amitié. Même pour faire le mal ensemble, il faut un peu de justice entre soi.
sans réponse
Une cité, une armée, ou même une bande de brigands et de voleurs, peut-elle réussir quoi que ce soit si ses membres sont injustes les uns envers les autres ? L'injustice fait naître la haine et la discorde ; la justice, l'accord et l'amitié. Même pour faire le mal ensemble, il faut un peu de justice entre soi.