« Être gouverné, c'est… » : le gouvernement remplacé par le contrat libre
L'anarchie selon Proudhon
Aucun gouvernement n'a d'autorité légitime sur nous, et la société peut s'en passer en s'organisant par contrat libre.
Être gouverné, c'est être commandé et exploité par des gens sans titre : des hommes libres peuvent s'engager par contrat, sans maître.
« « Être gouverné, c'est… » : le gouvernement remplacé par le contrat libre » est un argument de Pierre-Joseph Proudhon (Proudhon, Idée générale de la Révolution au XIXe siècle, Épilogue (1851), 1851) sur la question « Faut-il toujours obéir à la loi ? » (réponse : pas de maître). Sa thèse : Aucun gouvernement n'a d'autorité légitime sur nous, et la société peut s'en passer en s'organisant par contrat libre. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P4, P5). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 3 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
En 1851, Proudhon, en prison pour ses articles, écrit une longue liste de ce qu'« être gouverné » veut dire : être surveillé, taxé, enregistré, réprimé, par des gens qui n'ont ni titre, ni science, ni vertu. Ce n'est pas seulement un cri de colère. Il propose un autre système : au lieu d'obéir à un gouvernement, chacun signe avec ses semblables un contrat libre et réciproque, qu'il peut refuser, et qui engage ceux qui le signent. L'ordre viendrait des engagements et de la responsabilité mutuelle, non d'un maître. Proudhon est le premier à se dire anarchiste, mais pas contre l'ordre : contre le gouvernement des hommes par les hommes. La forme P1 à P5 → C est notre reconstruction.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4 et P5, l'ordinateur trouve un cas où le gouvernement commande sans titre et exploite, sans être pour autant illégitime, ou où un pacte libre assure l'ordre sans qu'on puisse s'en passer. Proudhon doit affirmer que ces deux ponts existent.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Thomas Hobbes 1651 · attaque la prémisse 3Objection tirée de Hobbes, qui écrit avant Proudhon. Hobbes soutient que, sans pouvoir commun pour tenir les hommes en respect, il n'y a ni industrie, ni culture de la terre, ni arts, ni lettres, ni société, et que la vie de l'homme est solitaire, pauvre, pénible, brutale et courte. Un pacte libre sans épée, sans pouvoir qui le fasse respecter, retombe dans cet état.
un défenseur répond
Objection tirée de Hobbes, qui écrit avant Proudhon. Hobbes soutient que, sans pouvoir commun pour tenir les hommes en respect, il n'y a ni industrie, ni culture de la terre, ni arts, ni lettres, ni société, et que la vie de l'homme est solitaire, pauvre, pénible, brutale et courte. Un pacte libre sans épée, sans pouvoir qui le fasse respecter, retombe dans cet état.
Max Weber 1919 · attaque la prémisse 5Weber définit l'État comme la communauté humaine qui revendique avec succès, sur un territoire, le monopole de la violence physique légitime. Objection tirée de cette définition (Weber ne parle pas de Proudhon) : un pacte libre qui prévoit des sanctions doit dire qui exécute la sanction et qui juge qu'elle est méritée. Ce pouvoir de sanctionner pourrait être un État sous un autre nom (notre résumé).
Proudhon répond
Weber définit l'État comme la communauté humaine qui revendique avec succès, sur un territoire, le monopole de la violence physique légitime. Objection tirée de cette définition (Weber ne parle pas de Proudhon) : un pacte libre qui prévoit des sanctions doit dire qui exécute la sanction et qui juge qu'elle est méritée. Ce pouvoir de sanctionner pourrait être un État sous un autre nom (notre résumé).
Robert Nozick 1974 · attaque la prémisse 4Nozick part de l'anarchie des droits naturels et soutient qu'une agence de protection dominante peut naître par un processus de « main invisible », sans violer les droits de personne (à condition de dédommager ceux qu'elle empêche de se faire justice eux-mêmes). Cette agence devient un État minimal, qui n'est donc pas illégitime. L'argument de Proudhon, qui part des abus de l'État réel, ne touche donc pas l'État minimal (notre résumé de la première partie du livre).
un défenseur répond
Nozick part de l'anarchie des droits naturels et soutient qu'une agence de protection dominante peut naître par un processus de « main invisible », sans violer les droits de personne (à condition de dédommager ceux qu'elle empêche de se faire justice eux-mêmes). Cette agence devient un État minimal, qui n'est donc pas illégitime. L'argument de Proudhon, qui part des abus de l'État réel, ne touche donc pas l'État minimal (notre résumé de la première partie du livre).