Le monde est ma représentation
« Le monde est ma représentation » ; pas d'objet sans sujet ; l'idéalisme de Schopenhauer
Le monde tel que nous le connaissons est ma représentation : sans sujet pour le percevoir, il n'y a pas de monde-objet, et il est faux de dire que la matière existerait d'abord et produirait ensuite la connaissance.
Tout ce que je connais, je le connais comme objet pour un sujet : le monde entier n'existe que pour un être qui le perçoit.
« Le monde est ma représentation » est un argument d'Arthur Schopenhauer (Le Monde comme volonté et comme représentation, livre I, 1819, § 1 et 5-7) sur la question « Le monde existe-t-il vraiment ? » (réponse : tout est dans l'esprit). Sa thèse : Le monde tel que nous le connaissons est ma représentation : sans sujet pour le percevoir, il n'y a pas de monde-objet, et il est faux de dire que la matière existerait d'abord et produirait ensuite la connaissance. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Regarde le soleil. Que sais-tu vraiment de lui ? Seulement ce que ton œil en voit. Regarde la terre : seulement ce que ta main en touche. Pour Schopenhauer, c'est la vérité la plus certaine qui soit : tout ce que nous connaissons est un objet pour un sujet qui connaît. Le monde tel que nous le connaissons n'est donc que « représentation », et il n'y a pas d'objet sans quelqu'un à qui il apparaît. Attention : il ne dit pas que le monde est un rêve ou que la matière n'existe pas pour la science. Il dit que la matière existe comme objet, donc pour un sujet. Et il ajoute que ce n'est que la moitié de la vérité : ce qu'est le monde en lui-même (en soi), ce n'est pas de la matière, c'est ce qu'il appelle la volonté, une force aveugle que nous connaissons de l'intérieur par notre propre corps. Cette fiche ne traite que la première moitié, « le monde est ma représentation ».
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Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où tout ce qui est connu est objet pour un sujet, mais où la matière serait autre chose qu'une chose connue : elle serait cachée derrière les représentations, et la conclusion ne la concernerait pas.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Bertrand Russell (acte et objet de connaissance) 1912 · attaque la prémisse 1Russell critique ce type de raisonnement chez Berkeley. Il faut distinguer l'acte de percevoir (qui est dans l'esprit) et la chose perçue (qui n'a aucune raison d'y être). De « je ne connais la couleur que si je la perçois », on ne peut pas conclure « la couleur est dans mon esprit ». Dire que les choses connues sont « dans l'esprit » mélange les deux sens.
sans réponse
Russell critique ce type de raisonnement chez Berkeley. Il faut distinguer l'acte de percevoir (qui est dans l'esprit) et la chose perçue (qui n'a aucune raison d'y être). De « je ne connais la couleur que si je la perçois », on ne peut pas conclure « la couleur est dans mon esprit ». Dire que les choses connues sont « dans l'esprit » mélange les deux sens.
Bertrand Russell (l'hypothèse la plus simple) 1912 · attaque la conclusionSi le chat n'existait que quand je le vois, il surgirait de nulle part à chaque apparition et sa faim serait inexplicable. Il est bien plus simple de supposer qu'il existe aussi quand je ne regarde pas. Tous les principes de simplicité poussent à croire qu'il existe des objets indépendants de nos perceptions.
un défenseur répond
Si le chat n'existait que quand je le vois, il surgirait de nulle part à chaque apparition et sa faim serait inexplicable. Il est bien plus simple de supposer qu'il existe aussi quand je ne regarde pas. Tous les principes de simplicité poussent à croire qu'il existe des objets indépendants de nos perceptions.
Objection de la science (que Schopenhauer se fait lui-même) 1819 · attaque la conclusionLes sciences de la nature montrent que la matière inerte a existé avant les plantes, les plantes avant les animaux, les animaux avant l'homme : le monde a dû traverser une longue suite de changements avant que le premier œil puisse s'ouvrir. Comment le monde dépendrait-il d'un sujet, s'il a existé avant tout sujet ?
un défenseur répond
Les sciences de la nature montrent que la matière inerte a existé avant les plantes, les plantes avant les animaux, les animaux avant l'homme : le monde a dû traverser une longue suite de changements avant que le premier œil puisse s'ouvrir. Comment le monde dépendrait-il d'un sujet, s'il a existé avant tout sujet ?