Pour être responsable, il faudrait être cause de soi
L'argument fondamental de Galen Strawson
Personne n'est vraiment ni ultimement responsable de ses actes, que le déterminisme soit vrai ou faux.
Être responsable de ses actes exigerait d'avoir choisi ce qu'on est, ce qui demanderait de se créer soi-même, chose impossible.
« Pour être responsable, il faudrait être cause de soi » est un argument de Galen Strawson (« The Impossibility of Moral Responsibility », Philosophical Studies, 1994) sur la question « Sommes-nous libres ? » (réponse : pas de libre arbitre). Sa thèse : Personne n'est vraiment ni ultimement responsable de ses actes, que le déterminisme soit vrai ou faux. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), la conclusion suit bien de ses 3 prémisses. AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Galen Strawson (à ne pas confondre avec son père Peter Strawson) donne à cet argument le nom d'« argument fondamental ». Il ne dépend pas du déterminisme : que le monde soit déterminé ou non, dit-il, nous ne pouvons pas être vraiment responsables de nos actes. L'idée est simple. Ce que nous faisons dépend de ce que nous sommes. Mais nous n'avons pas choisi, au départ, ce que nous sommes (nos gènes, notre éducation). Pour être responsable de ce qu'on fait, il faudrait l'être de ce qu'on est, donc s'être fait soi-même, ce qui est impossible. Strawson parle de responsabilité « vraie » ou « ultime » : celle qui justifierait, par exemple, la récompense ou le châtiment éternels du paradis et de l'enfer.
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Objections
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LLes compatibilistes attaque la prémisse 1On est responsable de ce qu'on fait tant qu'on n'est pas contraint (ni kleptomane, ni menacé, ni sous hypnose), même si ce qu'on est a été entièrement déterminé par des facteurs hors de notre contrôle. La responsabilité n'exige donc pas d'être responsable de ce qu'on est.
Strawson répond
On est responsable de ce qu'on fait tant qu'on n'est pas contraint (ni kleptomane, ni menacé, ni sous hypnose), même si ce qu'on est a été entièrement déterminé par des facteurs hors de notre contrôle. La responsabilité n'exige donc pas d'être responsable de ce qu'on est.
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Harry Frankfurt et Daniel Dennett 1984 · attaque la prémisse 3La responsabilité ne demande pas de s'être créé soi-même à partir de rien. Pour Frankfurt (1971), ce qui compte est que notre volonté soit celle que nous voulons avoir, quelle qu'en soit l'origine. Pour Dennett (1984), nous devenons responsables au fil du temps, en construisant peu à peu un soi à partir de ce que la nature, les autres et nos propres décisions nous ont donné. Un point de départ qu'on n'a pas choisi n'empêche pas d'être responsable de la suite.
sans réponse
La responsabilité ne demande pas de s'être créé soi-même à partir de rien. Pour Frankfurt (1971), ce qui compte est que notre volonté soit celle que nous voulons avoir, quelle qu'en soit l'origine. Pour Dennett (1984), nous devenons responsables au fil du temps, en construisant peu à peu un soi à partir de ce que la nature, les autres et nos propres décisions nous ont donné. Un point de départ qu'on n'a pas choisi n'empêche pas d'être responsable de la suite.
RRobert Kane (actions qui forment le soi) 1989 · attaque la prémisse 3Dans un monde non déterminé, nous pouvons avoir le pouvoir de faire des choix dont nous sommes ultimement responsables : ce sont des choix qui ne s'expliquent finalement que par notre propre volonté (caractère, motifs et efforts de volonté). Dans les moments de lutte entre le devoir et le désir, nos efforts sont en partie indéterminés. Nous nous faisons alors nous-mêmes, et ces choix passés forment nos motifs présents. Kane a développé l'idée dans The Significance of Free Will (1996).
Strawson répond
Dans un monde non déterminé, nous pouvons avoir le pouvoir de faire des choix dont nous sommes ultimement responsables : ce sont des choix qui ne s'expliquent finalement que par notre propre volonté (caractère, motifs et efforts de volonté). Dans les moments de lutte entre le devoir et le désir, nos efforts sont en partie indéterminés. Nous nous faisons alors nous-mêmes, et ces choix passés forment nos motifs présents. Kane a développé l'idée dans The Significance of Free Will (1996).