Une vie sans but final n'est pas possible
La fin dernière ; tout agent agit pour une fin ; on ne peut remonter à l'infini dans les fins
Il existe une fin dernière de la vie humaine, que tous désirent. Pour Thomas, c'est elle qui donne leur sens à nos actes : un sens que nous trouvons dans notre nature, et que nous ne créons pas.
Nous agissons toujours pour une fin, et la chaîne des fins ne peut pas remonter à l'infini : il doit y en avoir une dernière.
« Une vie sans but final n'est pas possible » est un argument de Thomas d'Aquin (Somme théologique, I-II, q. 1, a. 1 à 7 (1271), 1271) sur la question « La vie a-t-elle un sens ? » (réponse : un sens donné). Sa thèse : Il existe une fin dernière de la vie humaine, que tous désirent. Pour Thomas, c'est elle qui donne leur sens à nos actes : un sens que nous trouvons dans notre nature, et que nous ne créons pas. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 4 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Pourquoi fait-on ce que l'on fait ? Pour une raison, qui renvoie à une autre raison, et ainsi de suite. Thomas d'Aquin demande si cette chaîne peut ne jamais finir. Sa réponse est non : si rien ne s'arrêtait quelque part, on ne désirerait rien et on ne commencerait rien. Il existe donc un but final de la vie humaine, voulu pour lui-même, et c'est lui qui donne leur sens à tous les autres buts. Pour Thomas, ce but est inscrit dans notre nature de créature qui veut et qui choisit. Il est donc donné, et non inventé. Cette page présente seulement la preuve qu'un tel but existe et que tous le désirent. En quoi il consiste est une autre question, que Thomas traite ensuite.
clique sur une prémisse pour la rejeter
Sans la prémisse implicite : Sans P3, l'ordinateur trouve un cas où nos actions ont des buts, où la série n'est pas infinie, mais où il n'y a pas de but final : par exemple, plusieurs buts voulus pour eux-mêmes, qui ne se rejoignent pas.
Objections
4Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Jean-Paul Sartre, L'existentialisme est un humanisme 1945 · attaque la conclusionPour Sartre, le but de la vie humaine n'est pas donné d'avance, parce que l'homme n'a pas de nature fixe. Il écrit : « il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir ». L'homme existe d'abord, se définit ensuite, et c'est à chacun de donner un sens à sa vie. Si c'est vrai, la fin dernière de Thomas n'est qu'un préjugé hérité de l'idée que Dieu a pensé l'homme comme un artisan pense un couteau.
sans réponse
Pour Sartre, le but de la vie humaine n'est pas donné d'avance, parce que l'homme n'a pas de nature fixe. Il écrit : « il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir ». L'homme existe d'abord, se définit ensuite, et c'est à chacun de donner un sens à sa vie. Si c'est vrai, la fin dernière de Thomas n'est qu'un préjugé hérité de l'idée que Dieu a pensé l'homme comme un artisan pense un couteau.
Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe 1942 · attaque la conclusionDésirer une fin dernière ne prouve pas qu'elle existe. Camus écrit : « L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde. » Nous avons soif de sens, et le monde ne répond pas. Que tous les hommes désirent un accomplissement (P4) ne montre pas que le monde le leur offre.
sans réponse
Désirer une fin dernière ne prouve pas qu'elle existe. Camus écrit : « L'absurde naît de cette confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde. » Nous avons soif de sens, et le monde ne répond pas. Que tous les hommes désirent un accomplissement (P4) ne montre pas que le monde le leur offre.
Baruch Spinoza, Éthique I, appendice 1677 · attaque la conclusionSpinoza accorde que les hommes agissent toujours en vue d'une fin, celle de leur utilité. Mais il nie que la nature, elle, ait un but : il écrit que « la Nature n'a aucune fin à elle prescrite » et que « toutes les causes finales ne sont rien que des fictions des hommes ». Nous prêtons à l'univers les buts que nous avons nous-mêmes, parce que nous ignorons les vraies causes. Un « sens donné » serait alors une projection de notre désir.
sans réponse
Spinoza accorde que les hommes agissent toujours en vue d'une fin, celle de leur utilité. Mais il nie que la nature, elle, ait un but : il écrit que « la Nature n'a aucune fin à elle prescrite » et que « toutes les causes finales ne sont rien que des fictions des hommes ». Nous prêtons à l'univers les buts que nous avons nous-mêmes, parce que nous ignorons les vraies causes. Un « sens donné » serait alors une projection de notre désir.
Thomas Hobbes, Léviathan, chap. 11 1651 · attaque la prémisse 3Hobbes nie qu'il existe un but final : « ce finis ultimus (fin dernière) et ce summum bonum (souverain bien) dont on parle dans les livres des anciens moralistes n'existent pas ». Pour lui, « la félicité est une continuelle marche en avant du désir d'un objet à un autre ». Le désir ne s'arrête jamais : avoir atteint une chose n'est que le chemin vers la suivante.
sans réponse
Hobbes nie qu'il existe un but final : « ce finis ultimus (fin dernière) et ce summum bonum (souverain bien) dont on parle dans les livres des anciens moralistes n'existent pas ». Pour lui, « la félicité est une continuelle marche en avant du désir d'un objet à un autre ». Le désir ne s'arrête jamais : avoir atteint une chose n'est que le chemin vers la suivante.