QuestionsLe monde existe-t-il vraiment ?Un être très supérieur à nous pourrait avoir créé notre monde pour s'amuser
Le monde existe-t-il vraiment ?Sans doute une simulation

Un être très supérieur à nous pourrait avoir créé notre monde pour s'amuser

L'argument de l'écart d'intelligence (Tyson) ; « 50-50 »

Neil deGrasse Tyson né en 1958Astrophysicien qui explique l'univers au grand public ; il a donné à la simulation une chance sur deux ou plus, puis a dit en 2020 qu'une objection l'avait convaincu du contraire.
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Ce qu'il soutient

La probabilité que nous vivions dans une simulation « peut être très élevée » : Tyson l'estime à 50-50.

Pourquoi

Un être aussi supérieur à nous que nous le sommes aux chimpanzés pourrait créer des mondes pour s'amuser, le nôtre compris.

La même idée à travers l'histoire
Nick Bostrom2003Bostrom donne l'argument statistique. Tyson en propose une autre route, plus intuitive : l'écart d'intelligence.
Neil deGrasse Tyson2016En avril 2016, Tyson, modérateur du débat, donne 50-50 de chances à l'idée que nous soyons dans une simulation et dit que la probabilité « peut être très élevée ».
Neil deGrasse Tyson2018En 2018, il donne « better than 50-50 odds » (plus d'une chance sur deux) et dit ne trouver aucun argument solide contre.
Neil deGrasse Tyson2020En mars 2020, dans StarTalk, il dit qu'une objection de son ami Richard Gott l'a convaincu que nous ne sommes pas dans une simulation (voir la première objection).
En bref

« Un être très supérieur à nous pourrait avoir créé notre monde pour s'amuser » est un argument de Neil deGrasse Tyson (Neil deGrasse Tyson, débat Isaac Asimov, 2016, 2016) sur la question « Le monde existe-t-il vraiment ? » (réponse : sans doute une simulation). Sa thèse : La probabilité que nous vivions dans une simulation « peut être très élevée » : Tyson l'estime à 50-50. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 0 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.

Neil deGrasse Tyson, débat Isaac Asimov, 2016
Valide avec une prémisse implicite

Lors du débat annuel Isaac Asimov au Muséum américain d'histoire naturelle, en 2016, l'astrophysicien Neil deGrasse Tyson, qui modérait, a dit penser que la probabilité d'une simulation « peut être très élevée » et l'a estimée à 50-50. Sa raison n'est pas statistique mais imagée. Nous partageons plus de 98 % de notre ADN avec les chimpanzés, et pourtant l'écart d'intelligence est immense. Quelque part, un être pourrait être aussi au-dessus de nous que nous le sommes au-dessus d'eux. Pour lui, nous serions des idiots, et il est facile d'imaginer que notre vie est une création de cet être, pour son divertissement. Attention : Tyson parle ici de vive voix, sans publier d'argument développé. En 2020, il a dit qu'une objection l'avait fait changer d'avis (voir la première objection).

P1L'intelligence peut être très inégale entre des êtres proches : nous partageons plus de 98 % de notre ADN avec les chimpanzés, et pourtant ils sont, face à nous, dans une position très inférieure. Il peut donc exister, quelque part, un être très supérieur à nous.
P2Un tel être pourrait créer des mondes, et il est facile d'imaginer qu'il l'ait fait pour son divertissement : toute notre vie serait alors sa création.
P3 · prémisse impliciteSi un tel être peut exister et créer des mondes, il y a une bonne probabilité qu'il l'ait fait, et que nous soyons dans un de ces mondes.
Donc la probabilité que nous vivions dans une simulation « peut être très élevée » : Tyson l'estime à 50-50.

clique sur une prémisse pour la rejeter

Si tu acceptes toutes les prémisses, la logique t'oblige à accepter la conclusion. Le débat porte donc sur les prémisses.
Vérifié par un solveur logique : impossible que toutes les prémisses soient vraies et la conclusion fausse.
Sans la prémisse implicite : Sans P3, le possible ne devient pas probable : un tel être pourrait exister et ne jamais créer de monde, ou ne créer que des mondes très différents du nôtre. L'ordinateur trouve un cas où P1 et P2 sont vrais et où la simulation est improbable.
P1 : un être très supérieur peut exister. P2 : un tel être peut créer des mondes et en créer pour s'amuser. P3, cachée, fait passer du « peut » au « probablement ». Donc la simulation est probable. Ce qui se discute : tout le passage du possible au probable (P3), et P2 (pourquoi un tel être voudrait-il nous créer ?).
Analogie. Une fourmilière sous la vitre d'un enfant : l'enfant est si supérieur aux fourmis qu'elles n'imaginent même pas qu'il existe, et le monde où elles vivent a été construit pour lui. Tyson demande si nous pourrions être les fourmis. (Image à nous.)

Objections

3

Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.

J
J. Richard Gott 2020 · attaque la conclusion

Tyson rapporte l'objection de son ami l'astrophysicien Richard Gott. Toutes les simulations de la chaîne ont un point commun : elles savent elles-mêmes créer des simulations. Nous, pas encore. Donc nous sommes soit le monde réel, soit le maillon de la chaîne qui n'a pas encore su simuler. Les chances ne sont plus d'un nombre immense contre un en faveur de la simulation : on tombe à peu près à une sur deux, et Tyson finit par se dire « réel ».

sans réponse
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Tyson dans ses textes.
Le débat continue (notre résumé) Tyson ne défend pas son argument : il accepte l'objection et dit qu'elle l'a convaincu. Nous n'avons pas de texte de Gott lui-même sur ce point, seulement le récit de Tyson (notre résumé).
Où en est le débat (notre résumé)L'auteur de l'argument s'est rangé à l'objection en 2020. Point discuté : l'objection suppose que toutes les simulations, ou presque, sauraient à leur tour simuler, ce qui reste à montrer (notre résumé).
L
Lisa Randall 2016 · attaque la prémisse 2

Lors du même débat, la physicienne Lisa Randall dit ne pas voir pourquoi cette espèce supérieure voudrait nous simuler : l'argument suppose qu'il y aurait beaucoup d'êtres qui veulent le faire, et elle n'y croit pas. Elle estime la probabilité « effectivement nulle ».

sans réponse
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Tyson dans ses textes.
Le débat continue (notre résumé) Tyson ne répond pas à Randall dans le compte rendu. Son propre argument (P2) reste une intuition (« il est facile pour moi d'imaginer ») et ne dit pas pourquoi un tel être le voudrait (notre résumé).
Où en est le débat (notre résumé)Point ouvert : nous ne savons rien des désirs d'êtres hypothétiques. Tyson part de ce qu'il est « facile d'imaginer », Randall de ce qu'elle ne voit aucune raison de croire (notre résumé).
S
Sabine Hossenfelder 2021 · attaque la prémisse 2

Hossenfelder note que personne ne sait aujourd'hui reproduire la relativité générale et le modèle standard avec un algorithme tournant sur une machine. Imaginer qu'un être puisse créer un monde comme le nôtre suppose que c'est possible, ce qui n'est pas montré. Elle nomme Tyson parmi ceux qui donnent des chances à l'hypothèse.

sans réponse
Nous n'avons pas encore relevé de réponse directe de Tyson dans ses textes.
Où en est le débat (notre résumé)Désaccord de fond : « on peut imaginer » contre « on ne sait pas le faire ». Point ouvert (notre résumé).