Averroès (Ibn Rushd)
La vérité ne peut contredire la vérité : philosophie et foi s'accordent.
Idées reçues
Averroès a inventé la théorie de la « double vérité » : une chose peut être vraie en philosophie et fausse selon la foi.
Il écrit exactement l'inverse : « la vérité ne s'oppose pas à la vérité ». Quand une démonstration contredit le sens apparent d'un texte sacré, c'est le texte qu'il faut interpréter, pas deux vérités qu'il faut admettre. L'accusation vise, au XIIIe siècle, des maîtres de Paris qui le lisaient, les « averroïstes latins », et les historiens doutent que même eux l'aient soutenue telle quelle.
Averroès était un libre-penseur qui plaçait la raison au-dessus de la religion.
Il était juge musulman et écrit pour défendre la religion autant que la philosophie. Il donne à la démonstration le dernier mot sur la manière de lire les textes. Mais les principes de la religion (Dieu, la prophétie, la vie future) doivent être admis par tous, les miracles dépassent l'intelligence humaine, et il écrit même qu'il faut mettre à mort les hérétiques qui nient ces principes.
Contre al-Ghazali, Averroès défend Avicenne et les philosophes de l'islam.
Il défend surtout Aristote. Il critique souvent Avicenne, dont il juge plusieurs preuves seulement « dialectiques » (probables), et il écrit que les théories métaphysiques des philosophes de l'islam ne sont, sur certains points, que des présomptions.