PhilosophesAverroès (Ibn Rushd)

Averroès (Ibn Rushd)

La vérité ne peut contredire la vérité : philosophie et foi s'accordent.

Falsafa (aristotélisme arabe) · Aristotélisme1126 – 1198 EspagnePhilosophe (falsafa)Commentateur d'AristoteJuge (cadi) et juristeMédecin
فإن الحق لا يضاد الحق، بل يوافقه ويشهد له
La vérité ne s'oppose pas à la vérité : elle s'accorde avec elle et témoigne pour elle. Discours décisif.
Vérifiée mot pour mot
أعني أن الحكمة هي صاحبة الشريعة والأخت الرضيعة
Je veux dire que la philosophie est la compagne de la religion et sa sœur de lait. Discours décisif.
Vérifiée mot pour mot
مثل من منع العطشان شرب الماء البارد العذب حتى مات من العطش، لأن قوماً غرقوا به فماتوا
Interdire la philosophie à qui en est capable, c'est comme empêcher un assoiffé de boire une eau fraîche et douce, jusqu'à ce qu'il meure de soif, parce que des gens s'y sont noyés. Discours décisif.
Vérifiée mot pour mot
والعقل ليس هو شىء أكثر من ادراكه الموجودات باسبابها
L'intellect n'est rien d'autre que la perception des choses par leurs causes. L'Incohérence de l'Incohérence, 17.
Vérifiée mot pour mot
ويشبه أن يكون المختلفون في تأويل هذه المسائل العويصة إما مصيبين مأجورين، وإما مخطئين معذورين
Dans ces questions difficiles, ceux qui ne sont pas d'accord sur l'interprétation sont, semble-t-il, soit dans le vrai et récompensés, soit dans l'erreur et excusés. Discours décisif.
Vérifiée mot pour mot

Idées reçues

Faux
Averroès a inventé la théorie de la « double vérité » : une chose peut être vraie en philosophie et fausse selon la foi.

Il écrit exactement l'inverse : « la vérité ne s'oppose pas à la vérité ». Quand une démonstration contredit le sens apparent d'un texte sacré, c'est le texte qu'il faut interpréter, pas deux vérités qu'il faut admettre. L'accusation vise, au XIIIe siècle, des maîtres de Paris qui le lisaient, les « averroïstes latins », et les historiens doutent que même eux l'aient soutenue telle quelle.

À nuancer
Averroès était un libre-penseur qui plaçait la raison au-dessus de la religion.

Il était juge musulman et écrit pour défendre la religion autant que la philosophie. Il donne à la démonstration le dernier mot sur la manière de lire les textes. Mais les principes de la religion (Dieu, la prophétie, la vie future) doivent être admis par tous, les miracles dépassent l'intelligence humaine, et il écrit même qu'il faut mettre à mort les hérétiques qui nient ces principes.

À nuancer
Contre al-Ghazali, Averroès défend Avicenne et les philosophes de l'islam.

Il défend surtout Aristote. Il critique souvent Avicenne, dont il juge plusieurs preuves seulement « dialectiques » (probables), et il écrit que les théories métaphysiques des philosophes de l'islam ne sont, sur certains points, que des présomptions.