Auguste Comte
Ne connaître que les faits : l'âge positif de la science.
La Religion de l'Humanité
L'Humanité se substitue définitivement à Dieu.
Les hommes ont besoin d'une religion, mais Dieu est indémontrable ; l'Humanité, réelle, peut jouer le même rôle.
Comte n'est pas un simple adversaire de la religion. Il pense que les hommes en ont besoin : pour se mettre d'accord avec eux-mêmes et pour s'unir entre eux. Ce qu'il refuse, c'est Dieu. Son idée : garder la fonction et changer l'objet. Au lieu d'un être invisible, on aimera et on servira l'Humanité, l'ensemble des êtres humains passés, présents et futurs. Il a même un culte, un calendrier et des prêtres. Une religion sans Dieu est-elle encore une religion, ou la dernière ombre de l'ancienne ? Note : Comte ne dit pas d'abord « Dieu n'existe pas ». Nous classons l'argument en athéisme parce qu'il juge la croyance en Dieu indémontrable et même chimérique, et la remplace.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où l'on a besoin d'une religion, où Dieu est indémontrable, où l'Humanité est un objet réel capable de remplir la même fonction, et où pourtant Dieu garde sa place : par exemple un croyant pour qui la foi n'a pas besoin de preuve, comme chez Pascal ou Kierkegaard.
Objections
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John Stuart Mill, De la liberté (1859) et Auguste Comte et le positivisme (1865) 1859 · attaque la conclusionMill, lecteur admiratif du Cours, refuse la fin de l'œuvre. Dès De la liberté (1859), il reproche au Système de politique positive de viser un despotisme de la société sur l'individu ; plus tard, dans son Autobiographie (1873), il y verra le système de despotisme spirituel et temporel le plus complet jamais sorti d'un cerveau humain. Un clergé qui réglerait les opinions, les sentiments et les actes au nom de l'Humanité détruirait la liberté de penser que la science suppose. Faire d'une idée un objet de culte, c'est la protéger de la critique.
sans réponse
Mill, lecteur admiratif du Cours, refuse la fin de l'œuvre. Dès De la liberté (1859), il reproche au Système de politique positive de viser un despotisme de la société sur l'individu ; plus tard, dans son Autobiographie (1873), il y verra le système de despotisme spirituel et temporel le plus complet jamais sorti d'un cerveau humain. Un clergé qui réglerait les opinions, les sentiments et les actes au nom de l'Humanité détruirait la liberté de penser que la science suppose. Faire d'une idée un objet de culte, c'est la protéger de la critique.
Friedrich Nietzsche, Aurore, § 132, et Le Gai Savoir, § 108 1881 · attaque la prémisse 4Nietzsche vise Comte par son nom : les libres penseurs français, de Voltaire à Comte, ont voulu égaler l'idéal chrétien, et même le dépasser ; avec sa formule « vivre pour autrui », Comte a « surchristianisé le christianisme » (Aurore, 1881). Un an plus tard, il écrit : Dieu est mort, mais pendant des milliers d'années on montrera encore son ombre dans des cavernes, et il faut vaincre aussi son ombre. Mettre l'Humanité à la place de Dieu, avec un culte, des prêtres et un devoir d'altruisme, serait garder la forme de la religion chrétienne sous un autre nom. Le vrai travail est de se passer de ce qu'elle a laissé derrière elle.
sans réponse
Nietzsche vise Comte par son nom : les libres penseurs français, de Voltaire à Comte, ont voulu égaler l'idéal chrétien, et même le dépasser ; avec sa formule « vivre pour autrui », Comte a « surchristianisé le christianisme » (Aurore, 1881). Un an plus tard, il écrit : Dieu est mort, mais pendant des milliers d'années on montrera encore son ombre dans des cavernes, et il faut vaincre aussi son ombre. Mettre l'Humanité à la place de Dieu, avec un culte, des prêtres et un devoir d'altruisme, serait garder la forme de la religion chrétienne sous un autre nom. Le vrai travail est de se passer de ce qu'elle a laissé derrière elle.
Augustin, Confessions 400 · attaque la prémisse 3Un être fini, même immense, ne peut pas combler le cœur humain. Notre inquiétude vient de ce que nous sommes faits pour quelqu'un qui ne passe pas. L'Humanité est un ensemble d'êtres limités, qui vieillissent et meurent : on peut la servir, mais on ne peut pas s'y reposer. Pour Augustin, l'objet de la religion doit être plus grand que nous, et pas seulement plus grand que chacun.
sans réponse
Un être fini, même immense, ne peut pas combler le cœur humain. Notre inquiétude vient de ce que nous sommes faits pour quelqu'un qui ne passe pas. L'Humanité est un ensemble d'êtres limités, qui vieillissent et meurent : on peut la servir, mais on ne peut pas s'y reposer. Pour Augustin, l'objet de la religion doit être plus grand que nous, et pas seulement plus grand que chacun.