PhilosophesAuguste Comte

Auguste Comte

Ne connaître que les faits : l'âge positif de la science.

Positivisme1798 – 1857 FrancePhilosophe positivisteFondateur de la sociologieAncien élève de l'École polytechniqueFondateur de la Religion de l'Humanité
science, d'où prévoyance ; prévoyance, d'où action
Cours de philosophie positive, 2e leçon. Sa formule du rapport entre la science et l'art, au sens large.
Vérifiée mot pour mot
chacune de nos conceptions principales, chaque branche de nos connaissances, passe successivement par trois états théoriques différens
Cours de philosophie positive, 1re leçon : la loi des trois états (orthographe d'époque : « différens »).
Vérifiée mot pour mot
considérant comme absolument inaccessible et vide de sens pour nous la recherche de ce qu'on appelle les causes, soit premières, soit finales
Cours, 1re leçon : ce qu'il demande à la science de laisser de côté.
Vérifiée mot pour mot
L'Amour pour principe, l'Ordre pour base, et le Progrès pour but
Catéchisme, 1er entretien : la « formule sacrée du positivisme ». Elle inspire la devise brésilienne.
Vérifiée mot pour mot
l'Humanité se substitue définitivement à Dieu
Catéchisme, 11e entretien, dit par le Prêtre. Le Prêtre ajoute : sans oublier jamais les services provisoires de Dieu.
Vérifiée mot pour mot
le positivisme, en réduisant toute la morale humaine à vivre pour autrui
Catéchisme, 9e entretien, dit par le Prêtre.
Vérifiée mot pour mot

Idées reçues

À nuancer
Comte a inventé le mot « sociologie ».

Vrai en gros, avec une nuance. Dans le Cours, il écrit d'abord « physique sociale ». C'est dans la 47e leçon (tome 4, 1839), en note, qu'il écrit qu'il croit devoir « hasarder, dès à présent, ce terme nouveau », qu'il dit exactement équivalent à physique sociale. C'est lui qui a fait connaître le mot. Des historiens signalent pourtant que l'abbé Sieyès l'avait déjà écrit dans des manuscrits restés inédits, à la fin du XVIIIe siècle : Comte ne pouvait pas les connaître.

Faux
Comte rejette toute religion : il n'y a que la science.

Faux. Il rejette la religion surnaturelle et pense que la théologie est dépassée. Mais il soutient que l'humanité a besoin d'une religion, qui ait pour fonction de « régler chaque nature individuelle » et de « rallier toutes les individualités ». À la fin de sa vie, il en fonde une : la Religion de l'Humanité, avec un culte, un calendrier, un clergé. Beaucoup de ses disciples scientifiques l'ont suivi jusqu'au Cours, pas au-delà. C'est un des grands désaccords entre lui et Mill.

À nuancer
Le positivisme de Comte, c'est « seul compte ce qu'on peut vérifier ».

C'est une moitié. La formule ressemble au positivisme logique du Cercle de Vienne (années 1920), qui est bien postérieur. Chez Comte, le positivisme est d'abord une philosophie de l'histoire (les trois états), une classification des sciences et un projet de société. Il dit lui-même que l'esprit positif n'est pas moins éloigné de l'empirisme, c'est-à-dire de l'accumulation de faits, que du mysticisme.

À nuancer
La devise « Ordem e Progresso » du drapeau du Brésil vient de Comte.

Oui, mais raccourcie. Sa formule complète est : « L'Amour pour principe, l'Ordre pour base, et le Progrès pour but ». Le couple « l'ordre et le progrès » est déjà au centre de la 46e leçon du Cours (1839). La république brésilienne de 1889, où les positivistes étaient influents, a gardé ces deux termes sur son drapeau.