PhilosophesMahāvīra (enseignement recueilli dans l'Ācārāṅga Sūtra)

Mahāvīra (enseignement recueilli dans l'Ācārāṅga Sūtra)

Tous les êtres aiment la vie et haïssent la douleur : aucun être qui sent ne doit être tué ni tourmenté (ahiṃsā).

-599 · -527 IndeKuṇḍagrāma, près de Vaiśālī (Bihar actuel)

Sa vie

Mahāvīra (« le grand héros », de son nom Vardhamāna) est, pour les jaïns, le dernier des vingt-quatre grands maîtres (tīrthaṅkara) de leur religion, en Inde. La tradition le fait naître en 599 et mourir en 527 avant notre ère ; des historiens le placent un peu plus tard. Il aurait quitté sa famille princière pour vivre en ascète. Aucun texte n'est de sa main : son enseignement est rapporté dans le canon jaïn, dont l'Ācārāṅga Sūtra est le livre le plus ancien, transmis oralement puis mis par écrit bien plus tard. Sa règle centrale est la non-violence (ahiṃsā) envers tous les êtres vivants.

Ses œuvres

400 av. J.-C.
Ācārāṅga Sūtra (livre de la conduite)

Le plus ancien livre du canon jaïn : règles de conduite des moines, fondées sur la non-violence envers tous les êtres, y compris animaux et plantes (date approximative de la partie la plus ancienne ; l'enseignement est attribué à Mahāvīra).

Ce qu'il a écrit

« Tous les êtres aiment la vie, aiment le plaisir, haïssent la douleur, fuient la destruction, aiment la vie, veulent vivre. Pour tous, la vie est chère. »
Ācārāṅga Sūtra, I, 2, 3, § 4 (trad. Jacobi, 1884, p. 19)
« Comme il en serait pour toi, ainsi en est-il de celui que tu veux tuer. Comme il en serait pour toi, ainsi en est-il de celui que tu veux tyranniser. »
Ācārāṅga Sūtra, I, 5, 5, § 4 (trad. Jacobi, 1884, p. 50)

Ses positions

clique sur une ligne pour voir la preuve
Dieu existe-t-il ?Dieu
AthéismeThéisme
Interprétation

Le jaïnisme n'a pas de dieu créateur ; chaque âme obtient sa libération par son propre effort, et les Jinas qui enseignent la voie, vénérés, ne sont pas des créateurs.

Ācārāṅga Sūtra, I, 4, 1 (la loi est enseignée par les Arhats, sans dieu créateur ; trad. Jacobi, 1884)

L'esprit est-il autre chose que la matière ?Esprit et corps
MatérialismeDualisme
Interprétation

Tout être vivant a une âme (jīva), distincte du corps, qui renaît selon ses actes ; « le soi est celui qui connaît ».

Ācārāṅga Sūtra, I, 5, 5, § 5 (trad. Jacobi, 1884)

Qu'est-ce qui rend une action bonne ?Fondement de la morale
Le devoir (déontologie)Les conséquences (conséquentialisme)Le caractère (éthique des vertus)Autre (loi divine, relations, création de valeurs…)

La non-violence est une « loi pure, immuable, éternelle » enseignée par tous les Arhats, qui oblige chacun quelles que soient les conséquences.

Ācārāṅga Sūtra, I, 4, 1

La vie a-t-elle un sens donné ?Sens de la vie
Pas de sens donné (absurde, à créer)Sens objectif (nature, Dieu, Bien)
Interprétation

La vie a un but objectif, mettre fin au cycle des naissances et des morts par une conduite sans violence ni attachement.

Ācārāṅga Sūtra, I, 2, 3 ; I, 4, 1