PhilosophesNāgārjuna

Nāgārjuna

Toutes choses sont vides de nature propre.

Philosophie bouddhistevers 150 – 250 IndePhilosophe bouddhisteFondateur de l'école de la Voie du milieu (Madhyamaka)DialecticienVie mal connue
yaḥ pratītyasamutpādaḥ śūnyatāṃ tāṃ pracakṣmahe
Ce qui naît en dépendance, nous l'appelons vacuité.
Vérifiée mot pour mot
śūnyatā sarvadṛṣṭīnāṃ proktā niḥsaraṇaṃ jinaiḥ
La vacuité est dite par les Vainqueurs la sortie hors de toutes les vues.
Vérifiée mot pour mot
nāsti ca mama pratijñā tasmān naivāsti me doṣaḥ
Je n'ai pas de thèse ; il n'y a donc aucun défaut qui soit mien.
Vérifiée mot pour mot
sarvaṃ ca yujyate tasya śūnyatā yasya yujyate
Pour qui la vacuité est tenable, tout est tenable.
Vérifiée mot pour mot
yaḥ pratītyasamutpādaṃ prapañcopaśamaṃ śivam
Celui qui a enseigné la production en dépendance, apaisement de la prolifération conceptuelle, bienheureux.
Vérifiée mot pour mot

Idées reçues

Faux
Nāgārjuna enseigne que rien n'existe (c'est un nihilisme).

C'est le reproche que ses adversaires lui font déjà dans son propre livre (24.1 à 24.6), et il le rejette. Pour lui, « vide » veut dire « sans nature propre », pas « inexistant » : la vacuité est le nom de la production en dépendance (24.18). Il refuse aussi bien « il existe » que « il n'existe pas » : le premier mène à croire à l'éternel, le second à l'anéantissement (15.10), et pour qui la vacuité est tenable, tout est tenable (24.14).

À nuancer
La vacuité est une réalité ultime cachée derrière le monde.

Ce n'est pas la lecture du texte. La vacuité n'est pas une chose de plus : elle est la production en dépendance elle-même, et une simple « désignation » (24.18). Nāgārjuna avertit que ceux pour qui elle devient une vue à tenir sont incurables (13.8). Son commentateur Candrakīrti le dit nettement : vacuité, désignation en dépendance et voie du milieu sont des noms de la seule production en dépendance. (Candrakīrti n'est pas Nāgārjuna.)