PhilosophesVoltaire

Voltaire

Écraser l'intolérance par la raison et l'ironie.

Lumières · Empirisme1694 – 1778 FrancePhilosophe des LumièresDéisteDéfenseur de la toléranceConteur et poète
Il faut cultiver notre jardin
Candide, 30 : ce sont les mots de Candide, à la fin du conte.
Vérifiée mot pour mot
Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer
Épître à l'auteur des Trois Imposteurs, v. 22. Le vers d'avant dit que les cieux « manifestent » Dieu : Voltaire ne dit pas que Dieu est une invention.
Vérifiée mot pour mot
Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion
Poème sur le désastre de Lisbonne : le vers d'avant dit « Un jour tout sera bien, voilà notre espérance ».
Vérifiée mot pour mot
Pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c'est la première loi de la nature
Dictionnaire philosophique, article Tolérance (1764).
Vérifiée mot pour mot

Idées reçues

Faux
Voltaire a dit : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

Fausse citation. La phrase est d'une biographe anglaise, Evelyn Beatrice Hall, en 1906 : elle résumait ainsi l'attitude de Voltaire envers un livre d'Helvétius, et a reconnu ensuite que c'étaient ses mots à elle. On ne la trouve dans aucun texte de Voltaire. Ce qu'il a écrit sur la tolérance est moins héroïque et plus modeste : nous sommes tous faibles et dans l'erreur, pardonnons-nous.

Faux
Voltaire était athée.

Il est déiste : l'ordre du monde prouve un « architecte », et nier qu'il existe est pour lui une « manie ». Son vers le plus cité, « Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer », est précédé d'un « si » qu'il juge impossible : les cieux portent l'« empreinte » de Dieu et ne cessent de le « manifester ». Il combat les Églises et le fanatisme, pas Dieu.

À nuancer
Candide se moque de Dieu.

Le conte vise une philosophie : l'optimisme de Leibniz et de Pope, pour qui ce monde est « le meilleur des mondes possibles ». Pangloss, qui répète que « tout est au mieux » au milieu des massacres et du séisme de Lisbonne, en est la caricature. Candide finit par définir l'optimisme : « la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal ». Le conte se moque aussi des prêtres et de l'Inquisition, mais Voltaire reste déiste.