Le soi change de corps comme on change de vêtements
L'enseignement de Krishna à Arjuna sur le soi (ātman)
Ce que je suis vraiment, c'est le soi qui reste le même sous tous les changements, et non mon corps.
Le corps change sans cesse, de l'enfance à la mort, mais le soi qui l'habite ne naît ni ne meurt : c'est lui qui est vraiment « moi ».
« Le soi change de corps comme on change de vêtements » est un argument de Bhagavad-Gītā (texte anonyme, attribué à Vyāsa) (Bhagavad-Gītā, chap. 2, v. 12-13, 20, 22-24, 200 av. J.-C.) sur la question « Qui suis-je vraiment ? » (réponse : une âme). Sa thèse : Ce que je suis vraiment, c'est le soi qui reste le même sous tous les changements, et non mon corps. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P3, P4). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Sur un champ de bataille, le guerrier Arjuna refuse de combattre : en face de lui se trouvent ses proches. Son conseiller, Krishna, commence par lui parler du soi. Ce qui est vraiment nous, dit-il, n'est pas le corps. Le corps passe de l'enfance à la jeunesse, puis à la vieillesse ; à la mort, le soi (l'ātman) passe dans un autre corps, comme on quitte des vêtements usés pour en prendre de neufs. Le soi lui-même ne naît ni ne meurt, et aucune arme ne l'atteint. C'est l'une des formulations les plus célèbres de l'idée d'une âme qui reste la même sous tous les changements (le vers 20 reprend presque mot pour mot une Upaniṣad plus ancienne, la Kaṭha). Le texte est aussi un conseil donné pour un combat, et cet usage fait lui-même débat (Gandhi, par exemple, lisait la bataille comme l'image d'un combat intérieur). Nous citons la traduction anglaise de Telang (1882), qui est du domaine public.
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Sans la prémisse implicite : Sans P4, l'ordinateur trouve un cas où le soi dure, le corps change, je reste moi-même, et pourtant je ne suis pas ce soi (par exemple si je suis un ensemble de souvenirs ou une suite d'états, qui dure sans être une substance à part).
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Le Bouddha (le non-soi, anattā) 450 av. J.-C. · attaque la prémisse 3Selon le Bouddha, rien dans une personne ne dure ni ne nous obéit : ni le corps, ni les sensations, ni les perceptions, ni les dispositions, ni la conscience. Aucun de ces éléments n'est « mon soi ». Il n'y a pas de soi durable derrière eux. Ce que nous prenons pour un soi n'est que cet ensemble d'éléments qui changent.
un défenseur répond
Selon le Bouddha, rien dans une personne ne dure ni ne nous obéit : ni le corps, ni les sensations, ni les perceptions, ni les dispositions, ni la conscience. Aucun de ces éléments n'est « mon soi ». Il n'y a pas de soi durable derrière eux. Ce que nous prenons pour un soi n'est que cet ensemble d'éléments qui changent.
John Locke 1694 · attaque la prémisse 4Même s'il existait un soi immatériel qui passe d'un corps à l'autre, ce ne serait pas lui qui fait que je suis la même personne. Ce qui fait la personne, c'est la conscience que j'ai de mes actions passées. Un soi qui passerait dans un autre corps sans aucun souvenir ne serait pas « moi » pour autant.
un défenseur répond
Même s'il existait un soi immatériel qui passe d'un corps à l'autre, ce ne serait pas lui qui fait que je suis la même personne. Ce qui fait la personne, c'est la conscience que j'ai de mes actions passées. Un soi qui passerait dans un autre corps sans aucun souvenir ne serait pas « moi » pour autant.
LLes Cārvāka, matérialistes indiens (d'après le résumé de Mādhava) 1350 · attaque la prémisse 1Pour cette école, seuls existent la terre, l'eau, le feu et l'air. La conscience naît de leur mélange dans le corps, comme l'ivresse naît du mélange de certains ingrédients, et elle disparaît avec lui. Le soi n'est que le corps doué de conscience : on dit d'ailleurs « je suis gros », « je suis maigre ». Rien ne prouve un soi distinct du corps, qui passerait dans un autre.
sans réponse
Pour cette école, seuls existent la terre, l'eau, le feu et l'air. La conscience naît de leur mélange dans le corps, comme l'ivresse naît du mélange de certains ingrédients, et elle disparaît avec lui. Le soi n'est que le corps doué de conscience : on dit d'ailleurs « je suis gros », « je suis maigre ». Rien ne prouve un soi distinct du corps, qui passerait dans un autre.