La volonté de Dieu est la règle suprême de la justice
Le volontarisme de Calvin ; « il est loi à soi-même »
La volonté de Dieu est la règle suprême de la justice : il n'y a pas de bien plus haut qu'elle, devant lequel Dieu devrait répondre, et on ne peut pas juger ses décrets comme on juge ceux d'un homme.
Rien n'est plus haut que la volonté de Dieu pour la juger : ce qu'il veut est donc juste parce qu'il le veut.
« La volonté de Dieu est la règle suprême de la justice » est un argument de Jean Calvin (Institution de la religion chrétienne, III, 23, 2 (éd. latine 1559, française 1560), 1559) sur la question « Qu'est-ce qui est bien ? » (réponse : la volonté de dieu). Sa thèse : La volonté de Dieu est la règle suprême de la justice : il n'y a pas de bien plus haut qu'elle, devant lequel Dieu devrait répondre, et on ne peut pas juger ses décrets comme on juge ceux d'un homme. Selon la vérification logique d'AskPhilosophy (solveur Z3), l'argument est valide à condition d'admettre une prémisse que l'auteur ne formule pas (P2, P3). AskPhilosophy présente 3 objections, dont 2 avec une réponse documentée, et le texte original de chaque prémisse, vérifié mot pour mot.
Calvin répond à un reproche ancien : si Dieu a choisi d'avance qui sera sauvé et qui sera perdu, n'est-il pas un tyran ? Sa réponse est radicale. On ne peut pas demander pourquoi Dieu a voulu cela, car il n'y a rien de plus haut que sa volonté pour l'expliquer ou la juger. Sa volonté est la règle de la justice, pas son sujet. Mais Calvin ajoute une précision : Dieu n'est pas « sans loi ». Sa volonté est pure de tout vice, et c'est elle qui est la loi de toutes les lois. Il ne dit donc pas que Dieu pourrait vouloir n'importe quoi.
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Sans la prémisse implicite : Sans P2 et P3, l'ordinateur trouve un cas où rien n'est au-dessus de la volonté de Dieu et où pourtant la justice a un fondement autre que cette volonté : par exemple la nature de Dieu lui-même, qui n'est pas une cause extérieure à sa volonté.
Objections
3Chaque objection est une conversation : clique pour voir qui répond, et où en est le débat.
Leibniz (Discours de métaphysique) 1686 · attaque la conclusionDire que les choses ne sont bonnes par aucune règle de bonté, mais par la seule volonté de Dieu, détruit tout l'amour de Dieu et toute sa gloire. Pourquoi le louer de ce qu'il a fait s'il serait aussi louable en faisant le contraire ? Que reste-t-il de sa justice et de sa sagesse s'il n'y a qu'un pouvoir despotique, où la volonté tient lieu de raison et où, comme dans la définition des tyrans, est juste ce qui plaît au plus puissant ?
Calvin répond
Dire que les choses ne sont bonnes par aucune règle de bonté, mais par la seule volonté de Dieu, détruit tout l'amour de Dieu et toute sa gloire. Pourquoi le louer de ce qu'il a fait s'il serait aussi louable en faisant le contraire ? Que reste-t-il de sa justice et de sa sagesse s'il n'y a qu'un pouvoir despotique, où la volonté tient lieu de raison et où, comme dans la définition des tyrans, est juste ce qui plaît au plus puissant ?
Platon (le dilemme d'Euthyphron) 399 av. J.-C. · attaque la prémisse 2Le saint est-il aimé des dieux parce qu'il est saint, ou est-il saint parce qu'il est aimé des dieux ? Si Dieu veut le bien parce qu'il est bien, il y a une norme avant sa volonté. S'il est bien parce que Dieu le veut, alors rien n'oblige Dieu à vouloir le bien, et « Dieu est juste » n'apprend rien. (Voir l'argument « Le dilemme d'Euthyphron ».)
un défenseur répond
Le saint est-il aimé des dieux parce qu'il est saint, ou est-il saint parce qu'il est aimé des dieux ? Si Dieu veut le bien parce qu'il est bien, il y a une norme avant sa volonté. S'il est bien parce que Dieu le veut, alors rien n'oblige Dieu à vouloir le bien, et « Dieu est juste » n'apprend rien. (Voir l'argument « Le dilemme d'Euthyphron ».)
Kant (Fondation de la métaphysique des mœurs) 1785 · attaque la conclusionPour reconnaître le Saint de l'Évangile comme saint, il faut d'abord le comparer à notre idéal de perfection morale. Notre concept de Dieu comme souverain bien vient de l'idée de perfection morale que la raison forme a priori. Le jugement moral précède donc la connaissance de la volonté de Dieu, et ne peut pas en dépendre.
sans réponse
Pour reconnaître le Saint de l'Évangile comme saint, il faut d'abord le comparer à notre idéal de perfection morale. Notre concept de Dieu comme souverain bien vient de l'idée de perfection morale que la raison forme a priori. Le jugement moral précède donc la connaissance de la volonté de Dieu, et ne peut pas en dépendre.